Sommaire
Le Bleuet dans les Traditions Culturelles Antiques
Propriétés Médicinales du Bleuet selon les Traditions Ancestrales
Validations Pharmacologiques Modernes des Propriétés Médicinales du Bleuet
Composés Thérapeutiques du Bleuet
Posologies et Usages Traditionnels
Le Bleuet, la Fleur de Chiron
Le Bleuet, Centaurea cyanus, est l’une des quelques centaines d’espèces appartenant au genre Centaurea (synonyme du genre Cyanus) qui fait partie de la Tribu des Carduées dans la Famille des Astéracées.
Le terme “Cyanus” est dérivé du Grec “kýanos” signifiant bleu. Dans la mythologie Grecque, Cyané, la Bleue, est une nymphe des sources et des lacs qui ne peut se consoler de l’enlèvement de son amie Perséphone.
Quant au terme “Centaurea” – κένταυρος (kentauros) – il est dérivé du mythe Grec du Centaure Chiron. En effet, Chiron soigna, avec des Bleuets, la blessure de la cheville d’Achille qui avait été blessée par une flèche empoisonnée lancée par Hercules.
Originaire du Caucase, et de l’est du Bassin Méditerranéen, le Bleuet s’est naturalisé, principalement, en Europe, en Amérique du Nord et en Asie – mais, également, quelque peu, en Amérique du sud et dans certaines régions de l’Afrique. Nonobstant, depuis l’universalisation de l’agriculture toxique et biocidaire – à la suite de la seconde Grande Boucherie Mondiale et de l’introduction du Plan Marshall en 1947 – il a quasiment disparu de nombreuses régions agricoles. [51]
En France, par exemple, le Bleuet fut victime d’un déclin dramatique dès le début des années 50 – à savoir, dès la mise en place de l’agriculture pesticidaire et génocidaire. [35] [36]
Selon les conclusions des auteurs d’une des études: « Les résultats de la recherche mettent en évidence de nombreuses raisons expliquant la diminution de la fréquence des Bleuets dans les terres arables Européennes. L’auto-incompatibilité de cette espèce et le manque de pollinisateurs actifs ont entraîné une réduction de la production de graines, ce qui a conduit à une perte de diversité génétique et à un affaiblissement de la population. Un autre facteur qui semble accélérer considérablement la disparition des bleuets des champs est l’intensification de l’agriculture, notamment l’augmentation du niveau de fertilisation et l’utilisation d’herbicides ».
En effet, dans la perspective de l’agriculture toxique, le Bleuet est l’une des principales espèces adventices messicoles qu’il faut éradiquer des cultures – et, en particulier, des cultures céréalières. Et ce, d’autant plus, qu’il est très adaptable à de nombreux types de sols. En effet, il prospère à la fois sur les sols acides et pauvres en nutriments des zones tempérées froides et boréales d’Eurasie, sur les sols limoneux et sablo-limoneux neutres à acides des régions sub-atlantiques, et sur les sols riches en bases de l’Europe occidentale, centrale et sud-orientale. [37]
Selon une étude Française, de 2012, “Centaurea cyanus comme indicateur biologique de la richesse des espèces végétales dans les champs cultivés”, le Bleuet est un indicateur, en agro-écologie, de la bonne santé des sols et d’une richesse en diversité des espèces végétales. [4]
Aujourd’hui, il existe un certain nombre de variétés horticoles de diverses couleurs en sus de bleu: violet, rose et blanc. Sur le plan de sa reproduction, Centaurea cyanus est une espèce principalement allogame et pollinisée par les insectes (abeilles, bourdons, syrphides, etc).
En fait, ce sont les bourdons qui en sont les principaux pollinisateurs et, également, les principaux facteurs de sélection naturelle car ils sont enclins à privilégier les fleurs aux nuances violettes plus foncées et à la réflectance ultraviolette élevée par rapport à celles aux nuances bleues plus claires. [31]
Les semences du Bleuet se caractérisent par un certain degré de dormance (principalement au printemps). Elles sont dispersées par le vent, les fourmis, les pratiques agricoles, etc. Elles possèdent une durée germinative d’environ trois années. Leur germination optimale s’effectue à la lumière.
Le Bleuet dans les Traditions Culturelles Antiques
Centaurea cyanus est une espèce qui a été, traditionnellement, utilisée pour la thérapeutique, la cuisine, la cosmétique et, également, comme symbole et ornement dans la sphère des relations humaines, culturelles, religieuses…
En France, l’hydrolat de Bleuet était dénommé “Eau de Casselunettes”.
Le Bleuet, dans les Traditions Médicinales Européennes, était très prisé sous forme de Bières et d’Ales.
Ainsi, l’auteur Britannique, Thomas Tryon écrivait en 1691: «Peny Royal and Balm are noble Herbs and of excellent use in Beer or Ale. They naturally raise and cheer the drooping Spirits and open and cleane the passages after a friendly way and with a mild Operation. And also they add great strength anf fragrancy and makes brave, well tasted Drink, good to prevent and cure all, or most of those Diseases which the wise Ancients have appropriated that Herb unto. The like is to be understaood of Mint, Tansie, Wormwood, Broom, Cardis, Centuary, Eye-Bright, Betony, Sage, Dandelion and good Hay…».
Thomas Tryon évoque ainsi, la confection de boissons fermentées, et médicinales, à base de plantes médicinales réputées: l’Absinthe, le Genêt, l’Euphraise, la Tanaisie, le Pissenlit, la Menthe…
A ce sujet, j’invite tous les amateurs de Bières, de Boissons Fermentées, et autres Teintures-Mères Médicinales, à lire l’ouvrage archi-génial de feu Stephen Harrod Buhner – l’un de mes maîtres en Plantes Médicinales: “Sacred Herbal Healing Beers. The Secrets of Ancient Fermentation”. 534 pages
Selon l’herbaliste Britannique, Culpepper. La poudre, ou les feuilles séchées, du Bleuet sont administrées avec un bon succès à ceux qui sont contusionnés par une chute ou qui ont une veine rompue intérieurement – de même avec le Plantain, la Prêle ou la Consoude. La plante est un remède contre les poisons et le venin de scorpion. Les graines ou les feuilles, prises dans du vin, sont très bonnes contre la peste, et toutes les maladies infectieuses, et sont très efficaces dans les fièvres pestilentielles. Le jus appliqué sur les plaies fraîches ou vertes les fait rapidement se refermer, et est très efficace pour guérir tous les ulcères et plaies dans la bouche.
Le jus exprimé des pétales fait une bonne encre bleue. Lorsque mélangé avec de l’eau d’alun, il peut être utilisé pour les aquarelles. Il peut teindre de bleu des tissus mais la couleur s’estompe au fil du temps.
Dans l’Égypte antique, les plus antiques reproductions de Bleuets datent d’environ 3500 ans avant EC. Les Bleuets étaient dépeints sur les fresques murales ou sur les sols, sur les bijoux, sur les poteries et faïences, sur les tombes. Ainsi, dans la tombe de Toutankhamon, l’archéologie Howard Carter a découvert, en 1922, des couronnes et des guirlandes de Bleuets. [26]
Le Bleuet, depuis l’Antiquité, constitue un symbole de puissance, de noblesse, de magnificence, de souveraineté, de régénération… mais aussi de tendresse, de fidélité, de confiance. Il est illustré, par exemple, dans les peintures de Boticelli – telle que “La Naissance de Vénus”.
Un essai Hongrois, de 2022, a étudié l’héritage culturel et ethnobotanique de trois espèces sauvages, en Hongrie, entre 1578 et 2021: le Bleuet, le Coquelicot des champs (Papaver rhoeas) et le Pied d’Alouette (Delphinium consolida). Selon cette investigation, le Bleuet, en Hongrie, était le plus souvent utilisé pour soigner les inflammations oculaires (en cataplasmes ou infusé dans du vin). Fréquemment, il était, symboliquement, associé à la tendresse et à la fidélité. [6]
L’un des premiers ouvrages sur l’apiculture, imprimés en Hongrie, en 1816, mentionne que les abeilles mellifères appréciaient tellement le Bleuet qu’elles visitaient ces fleurs en masse – et ce, même pendant la période de floraison du Tilleul. Au début du XIXe siècle, cette plante était considérée comme l’une des meilleures plantes mellifères, et les abeilles pouvaient y butiner son nectar et son pollen pendant six semaines, produisant de grandes quantités d’un délicieux miel monofloral jaune verdâtre. Même au milieu du XXe siècle, on pouvait encore détecter de grandes quantités de pollen de Bleuet dans presque tous les types de miels floraux d’été en Hongrie.
Selon une étude Allemande, de 2012, «En raison de sa teneur relativement élevée en peroxyde d’hydrogène (0,5-0,9 mM/h) et de l’activité antibactérienne associée, le miel de Bleuet a été utilisé comme traitement alternatif de la dermatite digitale dans une ferme laitière biologique. Les vaches touchées par cette maladie des sabots présentent souvent une boiterie sévère, une baisse conséquente de la production de lait et une perte de l’état corporel. Les sabots des vaches traitées avec le miel de Bleuet ont montré une cicatrisation significativement plus rapide que le groupe témoin sans aucun traitement.» [42].
Le Bleuet est, également, utilisé, en Hongrie, pour se protéger du “mauvais oeil” chez les enfants ainsi que pour gérer les taches de rousseur avec de la rosée récoltée des fleurs de Bleuet – selon une pratique, déjà, mise en exergue par le grand génie de la thérapeutique que fut Paracelse.
Dans certaines régions d’Espagne, le Bleuet et le Coquelicot des champs, Papaver rhoeas, faisaient également l’objet de croyances et de pratiques magiques et religieuses. [7]
Les ethnobotanistes Polonais ont rapporté que les très jeunes pousses de Centaurea cyanus étaient ajoutées à des soupes non acides, tandis que ses fleurs étaient mélangées à du sucre pour fabriquer du vin et de la bière ; elles étaient également utilisées pour colorer le vinaigre.
Propriétés Médicinales du Bleuet selon les Traditions Ancestrales
Dans les antiques Traditions Médicinales, les fleurs de Bleuet étaient réputées efficaces contre la toux, les affections pulmonaires, les troubles menstruels, ainsi que les éruptions cutanées du cuir chevelu et les pellicules.
D’un point de vue génétique, le Bleuet est très proche du Carthame, Carthamus tinctorius. [3]
Traditionnellement, sur le plan des pathologies ophtalmiques, il est affirmé que le Bleuet fonctionne mieux sur les yeux bleus, tandis que le Grand Plantain (Plantago major) est utilisé pour les yeux bruns.
Une étude, de 2007, portant sur les plantes médicinales de Bosnie-Herzégovine, a mis en exergue que le Bleuet est l’une des principales espèces médicinales utilisées, traditionnellement – sur 227 plantes appartenant à 71 familles de plantes différentes. [46]
En Hongrie, le Bleuet était utilisé pour soigner la jaunisse, les maux de gorge, les palpitations cardiaques, l’hypertension, les blessures, les ulcères, les saignements, les pathologies pulmonaires, les toux et comme diurétique. [6]
Selon une étude, provenant d’Irak, portant sur ses usages traditionnels. Les fleurs séchées ont des propriétés antiprurigineuses, antitussives, astringentes, légèrement diurétiques, emménagogues et ophtalmiques. L’infusion de fleurs de bleuet a une action curative et calmante sur les troubles nerveux. [40]
L’infusion de Bleuet était, également, utilisée à des fins cosmétiques en Italie: elle donnait un éclat particulier et une nuance bleutée aux cheveux gris et blancs [38].
Selon l’ouvrage, de 1999, de Paul Fournier “Plantes Médicinales”: «Le Bleuet fournit aux Abeilles un nectar vert d’assez bonne qualité. Les fleurs ont été employées comme diurétiques, en particulier conte l’hydropisie; comme légèrement pectorales contre la toux; comme collyre contre les inflammations des yeux (d’où le nom de “casse-lunettes”). Elles contiennent, outre du mucilage, des matières cireuses, du tanin, des sels, un colorant bleu, la cyanine, très fragile à la lumière, soluble dans l’eau mais non dans l’alcool. Chez les Bleuet cultivé, qui devient souvent rose, la cyanine fait alors place à la pélargonine.
La plante entière contient 52% de potasse, 9% d’acide phosphorique, 5,5% de magnésie, du tannin, un principe amer fébrifuge, la centaurine ou cninine, qui se retrouve dans le Chardon Béni, et une assez forte proportion de manganèse (d’après Westet)… On l’a utilisée dans l’hydropisie, la toux, les affections des bronches, les fièvres, les maladies de foie, la jaunisse, les maladies de peau.
Modes d’emploi. Infusion: 40 gr. par litre d’eau; laisser infuser 20 mn; une tasse avant chaque repas. Vin: 60 gr. par litre; trois verres à Bordeaux par jour. Les fleurs se mêlent à d’autres tisanes pour leur donner une jolie couleur. »
Validations Pharmacologiques Modernes des Propriétés Médicinales du Bleuet
Selon les validations pharmacologiques modernes, le Bleuet possède des propriétés médicinales: anti-oxydantes, anti-cancers, anti-inflammatoires, anti-rhumatismales, cosmétiques, anti-hémolytiques, immuno-modulatrices, toniques, purgatives, anti-pruritiques, cholagogues, ophtalmiques, anti-hypertensives, anti-bactériennes, emménagogues, astringentes, antitussives, ophtalmiques, diurétiques, protectrices du foie, des reins, de l’estomac, du système nerveux et de la vésicule biliaire. [18], [22], [16], [27].
Le Bleuet possède des propriétés anti-bactériennes, validées, à l’encontre de: Agrobacterium radiobacter var. tumefaciens, Bacillus subtilis, Erwinia carotovora, Escherichia coli, Pseudomonas aeruginosa, Pseudomonas fluorescens, Sarcina lutea et Staphylococcus aureus
Selon l’ouvrage (de 1102 pages, en page 247) “Edible Medicinal and Non-Medicinal Plants”, le Bleuet possède, selon les validations pharmacologiques modernes, des propriétés médicinales: anti-inflammatoires, cytotoxiques, anti-oxydantes, sérotoninergiques, anti-ulcérogéniques, inhibitrices de la COX.
Et, qui plus est, le Bleuet cible les Récepteurs Cannabinoïdes!
En effet, selon une étude de 2024, les composants actifs de l’extrait de Bleuet atténuent l’atrophie musculaire, induite par la Dexaméthasone, en ciblant les Récepteurs Cannabinoïdes et en modulant le microbiote intestinal. [1]
Selon cette étude, l’analyse de docking a suggéré que les Récepteurs Cannabinoïdes (CB) 1 et 2 pourraient être des cibles potentielles des composés du Bleuet. Plus précisément, le graveobioside A de du Bleuet inhibait CB1 et augmentait l’expression de CB – stimulant ainsi la synthèse des protéines et supprimant leur dégradation.
De plus, la diversité microbienne intestinale enrichie en extrait de Bleuet et l’abondance de Clostridium sensu stricto 1 étaient positivement corrélées à la masse musculaire. Ces résultats suggèrent un mode d’action multifacette pour l’extrait de Bleuet: (1) la modulation directe du système des récepteurs cannabinoïdes musculaires favorisant les processus anabolisants et (2) la modulation indirecte de la santé musculaire via le microbiome digestif.
Eu égard à ses propriétés cytotoxiques et anti-cancers – du sein, du côlon et leucémie – voici quelques études publiées:
“Étude chimique, activités antioxydantes, antihypertensives et cytotoxiques/cytoprotectrices de l’extrait aqueux de pétales de Centaurea cyanus”. 2018. [22]
“Étude de la composition chimique et des caractéristiques de l’extrait de Centaurea cyanus sur une lignée cellulaire de cancer du côlon et analyse de l’expression des gènes de l’apoptose”. 2016. [25]
“L’extraite de 13-O-acétylsolsticilline, A extrait de la centaurée bleue (Centaurea cyanus), diminue le rapport Bax/Bcl-2 et l’expression de la cycline D1/Cdk-4 afin d’induire l’apoptose et l’arrêt du cycle cellulaire dans les lignées cellulaires cancéreuses mammaires MCF-7 et MDA-MB-231”. 2019. [28]
“Effet cytotoxique de certaines plantes médicinales de la famille des Astéracées sur la lignée cellulaire leucémique J-45.01 : étude pilote”. 2012. [29]
“Les extraits de Centaurea ont supprimé les effets cytotoxiques de la doxorubicine sur la lignée cellulaire du cancer du sein MCF-7 et du bortézomib sur la lignée cellulaire du cancer de la prostate PC3.” [2] Mars 2025. Suppression les effets de la doxorubicine dans le traitement des cancers.
Un certain nombre d’autres espèces de Centaurea ont été pharmacologiquement validées quant à leurs propriétés thérapeutiques à l’encontre des cancers du cervix, de l’endomètre, des poumons, du cerveau, etc: [10] [11] [13] [14] [15] [17] [19] [20] [30] [39]
Il s’agit des espèces suivantes: Centaurea lycaonica, Centaurea cineraria, Centaurea solstitialis, Centaurea castriferrei, Centaurea calcitrapa, Centaurea ptosimopappa, Centaurea spicata, Centaurea nerimaniae, Centaurea babylonica, Centaurea pichleri ….
Composés Thérapeutiques du Bleuet
Alcaloïdes: moschamine, cis-moschamine, centcyamine et cis-centcyamine – que l’on trouve dans les semences du Bleuet. [34]
Flavonoïdes: Lutéoline, apigénine, kaempférol, rhamnétine, isorhamnétine, quercétine, naringine, hispiduline…
Acides aminés libres: arginine, sérine, méthionine, proline, acide glutamique, tryptophane, alanine, phénylalanine et thréonine.
Une étude récente a mis en exergue que Centaurea orientalis (aux fleurs jaunes et disponible en semences commercialisées) possède un très haut niveau d’acides aminés libres. [47]
Vitamine E (Tocophérol) avec une prépondérance en α-tocophérol – jusqu’à 2,75 mg/pour 100 grammes de matière séchée.
Vitamine C. Jusqu’à 130 mg/100 grammes de matière fraiche. [33]
Selon cette étude, c’est le Bleuet qui contenait le plus de Vitamine C, et d’Anthocynanines, en comparaison des fleurs de la Capucine, du Calendula, des Tagètes et des Courgettes.
Anthocyanines. Protocyanine. La concentration en Anthocyanines est la plus élevée chez les fleurs rouges et violettes, ensuite les fleurs bleues et, finalement, les fleurs roses. Jusqu’à 1000 mg/kilo. [32]
Une étude, de 2006, a révélé la structure moléculaire de la protocyanine et démontré que la couleur bleue se développe grâce à un pigment complexe tétra-métallique (Fe3+, Mg2+, 2Ca2+) comprenant des anthocyanines, des glycosides flavoniques et des métaux. [41]
Acides: chlorogénique, coumarique, caféique, palmitique, proto-catéchuique, linoléique, linolénique, férulique, vanillique, syringique, férulique, salicylique, benzoïque, sinapique, oléique…
Terpènes, dans les huiles essentielles: β-caryophyllène (à hauteur de 26,17%) et α-humulène (à hauteur de 9,77%), [21], germacrène D, α-copaène, α-muurolène, β-cubébène…
Malheureusement, il n’existe pas vraiment d’études sur la composition des huiles essentielles de Centaurea cyanus alors qu’il en existe pour de nombreuses autres espèces dans le genre Centaurea.
Coumarines: scopolétine, umbelliférone.
Oligo-éléments: K, Ca, Mg, Na, Fe, Mn et Zn.
Lignanes: laricirésinol et berchémol – dans les semences.
Sucres. Selon une étude, de 2019, portant sur la valeur nutritionnelle des fleurs du Bleuet: ses pétales contenaient pour 100 grammes de matière fraîche: 3,43 g de fructose, 7,30 g de glucose et 1,18 g de saccharose.
ainsi que 1,66 g de protéines pour 100 grammes de matière fraîche. [24]
Danger: les Bleuets possèdent de fortes capacités de nécro-concentration des métaux lourds et des radionucléides
Selon une étude, de 2008, le Bleuet est utilisé, en association avec des mycorhizes (Pseudomonas et Glomus), pour augmenter ses capacités de phyto-remédiation, à savoir, d’accumulation de métaux lourds dans ses tissus – en particulier en ce qui concerne la fixation du plomb. [23]
Le Bleuet a été utilisé comme bio-accumulateur (nécro-accumulateur) pour nettoyer les sols contaminés par des métaux lourds (cadmium) ou des radionucléides. [8] [12]
Une étude très récente, de janvier 2026, a mis en exergue que la viabilité du pollen de Bleuet est fortement impactée par des fréquences électro-magnétiques. [45]
Si les Bleuets possèdent d’excellentes capacités pour la bio-remédiation des substances les plus toxiques contaminant la Biosphère… c’est qu’ils possèdent la capacité de les fixer, de les accumuler – ou de les métaboliser. Il est, donc, extrêmement conseillé de les cultiver selon des méthodes respectant l’environnement – ou de les récolter dans des champs de céréales certifiés en Agriculture Biologique.
D’autant plus que les Bleuets sont, également, des pompes à herbicides.
De nos jours, les agriculteurs “conventionnels” – un mode de parler pour ne pas dire empoisonneurs – tentent de contrôler le Bleuet par l’application d’herbicides. A savoir, avec plus de 25 substances actives enregistrées dans l’Union Européenne… qui fonctionnent plus ou moins – et plutôt moins que plus.
En effet, selon diverses études, le Bleuet est devenu, en Europe, une espèce très résistante aux herbicides. Par exemple, en Pologne, le Bleuet est résistant aux herbicides suivants: sulfonylurées (Tribénuron, Chlorsulfuron, Sulfométuron) et Imidazolinone. [43] [44]
Selon une étude, de 2023, les souches de Bleuet résistantes aux herbicides possèdent un plus haut ratio de flavonoïdes, de composés phénoliques et de capacité anti-oxydante – ce qui est compréhensible car elles essayent de se protéger contre l’attaque herbicide létale. Les auteurs ne précisent pas, d’ailleurs, ce qu’il en est sur le plan des résidus d’herbicides dans les plantes récoltées. [5]
Des études menées, dans la péninsule Ibérique, ont montré un taux de survie de 80% à 100% chez les populations de Bleuets traitées avec des herbicides inhibiteurs de l’ALS (Acétolactate synthase), notamment le Tribénuron-méthyl, le Florasulam, l’Imazamox et le Metsulfuron-méthyl. [9]
Pour contourner les niveaux de résistance du Bleuet, les vendeurs d’herbicides conseillent, ainsi, aux agriculteurs de l’éradiquer avec des mélanges de substances telles que 2,4-D, Dicamba, Clopyralide et MCPA.
Le contournement des résistances, des espèces végétales, aux herbicides est un leurre pathétique, de l’agriculture toxique de guerre, qui perdure depuis des dizaines d’années. Aujourd’hui, environ 500 espèces végétales planétaires, dites adventices, sont résistantes aux herbicides – à savoir qu’elles les métabolisent.
Posologies et Usages Traditionnels
Infusion froide: avec 2 cuillères à café de fleurs séchées par tasse d’eau. Laissez infuser 12 heures et filtrer.
Infusion chaude: avec 2 cuillères à café de fleurs séchées par tasse d’eau.. Laissez infuser pendant 10 mn.
Décoction: environ 40 grammes de plante séchées (feuilles, tiges et fleurs) pour 1 litre d’eau. Laissez mijoter à feux doux, pendant une vingtaine de minutes, avec un couvercle.
Teinture-Mère. Remplissez un bocal avec autant de bio-masse séchée que vous puissiez (de fleurs ou de la plante entière) et couvrez le tout avec de l’alcool bio à 45°. Conservez le bocal à l’ombre pendant 4 semaines – au minimum – et, ensuite, pendant des mois ou des années.
Selon les pratiques traditionnelles:
Une eau distillée à partir des pétales est réputée comme remède pour les pathologies ophtalmiques et comme lotion apaisante pour la conjonctivite.
L’infusion est conseillée dans le traitement de l’hydropisie, de la constipation ou comme bain de bouche pour les ulcères et les gencives qui saignent.
L’infusion est conseillée comme tonique amer et stimulant, améliorant la digestion, soutenant le foie et renforçant la résistance aux infections.
La vaporisation, à partir des feuilles, est conseillée pour créer une vapeur faciale nettoyante pour les peaux sèches et sensibles.
Les feuilles en décoction sont anti-rhumatismales.
Les semences possèdent des propriétés laxatives douces.
Les tiges possèdent une activité anti-bactérienne prononcée.
Les fleurs séchées sont antiprurigineuses, antitussives, astringentes, légèrement diurétiques, emménagogues, ophtalmiques, très légèrement purgatives et toniques.



