L’Ethiopie est la source de la Tulsi tempérée au parfum épicé de vanille et de myrrhe… et au pollen rouge

Sommaire

Déclaration d’Intention eu égard à la Tulsi d’Ethiopie

Une Tulsi Tempérée d’Origines Inconnues

Au sujet des écotypes de Tulsi tempérée, au pollen rouge, répertoriés comme Ocimum tenuiflorum dans la banque de semences de l’USDA… ou par les semenciers Occidentaux

Au sujet des écotypes de Tulsi tempérée, au pollen rouge, répertoriés comme Ocimum americanum en Amérique du nord et en Asie

Une Tulsi tempérée aux parfums épicés, boisés, myrrhés… sur mode Bisabolènes 

Bissabol, Bissa Bol et Bisabolènes

Abondance de Bisabolènes dans les Basilics Sacrés Ethiopiens: La Tulsi tempérée, au pollen rouge, serait-elle d’origine Ethiopienne?

Bisabolènes dans les autres espèces d’Ocimum… ou erreurs d’identification?

Propriétés Médicinales de la Tulsi Tempérée et des Bisabolènes

Résistance de la Tulsi Tempérée au Mildiou du Basilic, Peronospora belbahrii

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Déclaration d’Intention eu égard à la Tulsi d’Ethiopie

Mon objectif déclaré, en cette nouvelle monographie médicinale, est de présenter ce joyau du monde des Ocimum que constitue la Tulsi tempérée, originaire d’Ethiopie: ses origines, ses parfums, sa composition, sa dissémination en Amérique et en Europe, sa présence dans les zones Himalayennes, le marasme botanique qui lui est corrélé, sa résistance intégrale au mildiou du basilic et ses qualités extrêmement médicinales ainsi que celles du Bisabolène, son chémotype majeur.   

De par cette déclaration d’intention, j’expose, déjà, ma découverte de la source de la Tulsi tempérée – à savoir, l’Ethiopie – alors que cela m’a demandé trois semaines d’investigations poussées et de remaniements, et allongements, permanents, de mon texte original publié le 26 août… de par le nombre de découvertes qui ont émergé – car chaque découverte en appelait une autre.  Et ce, tout en rédigeant une bonne partie de la prochaine monographie que je vais, bientôt, publier eu égard aux qualités extrêmement médicinales d’Ocimum americanum – en ses deux sous-espèces.

Cette déclaration d’intention est, ainsi, placée en avant-propos, d’un point de vue didactique – et d’éthique de transparence – mais, en fait, elle constitue le fruit de toute une quête et de tout un cheminement… à savoir, de deux mois et demis d’investigations, et d’écritures, quotidiennes, portant sur les espèces majeures d’Ocimum. 

Ce sont ces investigations assidues qui m’ont permis de me dépêtrer du marasme de nomenclature et de taxonomie entourant, joyeusement, les espèces d’Ocimum tant d’un point de vue botanique officiel que d’un point de vue semencier – bio ou conventionnel. Aux USA, par exemple, cela fait six ans que j’ai informé certains semenciers que la Tulsi tempérée n’était, strictement, pas un Ocimum tenuiflorum… mais autant en emportent les vents – qui peuvent, parfois, devenir extravagants lorsque le Grand Minimum Solaire commence à bien s’ancrer au coeur de l’Atmosphère Terrienne. Pour combien de dizaines d’années? 

Mon intention déclarée est, également, d’argumenter en faveur de l’attribution du statut d’espèce à la Tulsi tempérée, originaire d’Ethiopie – au parfum exotique et intense, au pollen rouge et au port compact. 

Si ce n’est, déjà, pour rendre hommage à cette singularité botanique que constitue la Tulsi tempérée originaire d’Ethiopie – parce qu’elle le mérite, existentiellement – et pour rendre hommage à la Mère qui en émané la matrice de son Temps de Rêve.

Vecteur de pollinisation dans une fleur de Tulsi tempérée. Photographie par Xochi.

Si je puis, déjà, proposer mon témoignage de semencier bio avec 30 années d’expérience: nous n’avons jamais identifié de croisements spontanés dans les cultures de graines de notre écotype de Tulsi Tempérée (celui d’Abundant Life Seed Foundation) – et nous n’avons jamais entendu évoquer, par d’autres semenciers, de tels croisements spontanés.

Et c’est sans doute dommage. En effet, ce serait, même, un énorme privilège d’identifier un hybride naturel entre la Tulsi tempérée et une variété d’Ocimum basilicum… car cela signifierait que la résistance au mildiou de la première pourrait être transmise au second. 

Si l’attribution la plus officielle, depuis 1999 – tant au niveau de la Tulsi tempérée que des Besobila tempérés d’Ethiopie – fut de lui l’attribuer l’espèce Ocimum americanum (ou Ocimum africanum), cela ne fait pas de sens de par l’absence stricte de croisements spontanés entre cette Tulsi tempérée et d’autres écotypes d’Ocimum americanum sp. pilosum ou d’Ocimum americanum sp. americanum.

Il serait fort instructif que les botanistes Ethiopiens s’enquièrent des possibilités de croisements spontanés entre les Besobila et d’autres écotypes d’Ocimum americanum sp. pilosum ou Ocimum americanum sp. americanum croissant en Ethiopie. A priori, il suffirait de requérir l’information de ceux qui, sur les hauts-plateaux, vivent en synergie avec les Besobila… depuis des milliers d’années.

Ainsi donc. Si l’origine de la Tulsi tempérée est clairement déterminée, et relativement localisée – à savoir l’Ethiopie. Si ses caractéristiques morphologiques sont particulièrement uniques – port compact, croissance rapide, très grosse production de bio-masse, peu de production d’huile essentielle, grande résistance au froid, caractère vivace; si son chémotype est très souvent Bisabolène et si son parfum est embaumant.

Selon l’étude de Simon, de 1999, “Basil: A Source of Aroma Compounds and a Popular Culinary and Ornamental Herb”, les 40 écotypes d’Ocimum étudiés fleurissaient de 72 jours à 134 jours après le semis. L’écotype “Spice”, de Tulsi tempérée, faisait partie des 5 premiers écotypes à fleurir avec 76 jours – à savoir dans le même espace de temps que les écotypes d’Ocimum americanum sp. pilosum.

Et, surtout, si aucun témoignage de semenciers n’a évoqué de croisements spontanés avec d’autres espèces d’Ocimum depuis une quarantaine d’années… ne serait-il pas raisonnable de lui accorder un statut d’espèce? 

Aujourd’hui, si l’on me posait la question de déterminer l’espèce d’Ocimum la plus proche de la Tulsi tempérée – parmi les plus connues mondialement – je répondrais, sans nul doute, Ocimum kilimandscharicum, la Tulsi du Kilimandjaro… d’un point de vue sensoriel et intuitif. 

Les hauts plateaux d’Ethiopie, à vol d’oiseau, ne sont pas très éloignés du Kilimandjaro – qui est à la frontière de la Tanzanie et du Kenya. Les deux régions participent des mêmes conditions tempérées de moyenne et haute altitude.

D’ailleurs, il est à noter que Klaudija Carovic – dans son étude, en Croatie, analysant 4 écotypes de Tulsi tempérée en lieu d’Ocimum tenuiflorum – a précisé très clairement qu’il existait des incongruences dans les résultats de ses analyses: «Dans l’arbre NJ (de Neighbor-Joining ) et dans l’arbre MP (de Parcimonie Cladistique), deux incongruités, concernant l’écotype d’Ocimum basilicum, “Erevanskii”, et Ocimum kilimandscharicum, ont pu être notées… Sur l’arbre MP, Ocimum kilimandscharicum a été regroupé avec les écotypes d’Ocimum tenuiflorum comme un taxon frère.» [21]

Ainsi donc, selon les conclusions de Klaudija Carovic, les quatre écotypes de Tulsi tempérée analysés sont, génétiquement parlant, les plus proches d’Ocimum kilimandscharicum.

En ce qui concerne l’écotype d’Ocimum basilicum, “Erevanskii” – ainsi que je l’ai évoqué dans ma monographie sur Ocimum americanum – il s’agit de l’un des deux écotypes violacés provenant de Russie qui sont, manifestement, des Ocimum americanum… et c’est pour cela qu’ils apparaissent, selon les conclusions de Klaudija Carovic, dans le clade d’Ocimum americanum. Dans son étude de 2017, intitulée “Morphological and biochemical intraspecific characterization of Ocimum basilicum”, “Erevanskii” et un second écotype Russe de basilic violacé, (S60 et S63), apparaissent, de nouveau, dans un clade à part. [102]

Ainsi, ne serait-il pas raisonnable – juste d’un point de vue cartésien – d’imaginer qu’une espèce unique, à savoir la Tulsi tempérée ( au pollen rouge ou blanc) puisse avoir émané des hauts-plateaux Ethiopiens… alors que ceux-ci concentrent les deux tiers des massifs montagneux de l’Afrique?

D’un point de vue Gaïen, l’émanation d’une espèce (ou sa pérennité) n’a rien à voir avec l’amplitude d’un territoire, en fait. Je connais une espèce de lupin nain qui ne pousse que sur le sommet du Mt. Ashland en Oregon. [74] De même, je connais une espèce d’Eriogonum qui ne pousse que sur une falaise au nord de Medford, à Acker Rock, en Oregon. [75] Et plus encore. 

D’ailleurs, en parlant d’Eriogonum, et autres Sarrazins sauvages, n’est-il pas troublant qu’il ait fallu presque un demi-siècle pour que soit évoqué le statut d’espèce de la Tulsi tempérée au pollen rouge… alors que la seule espèce Eriogonum umbellatum, aux USA, comprend plus de 40 sous-espèces – qui sont, franchement, parfois, peu similaires. [80] J’en ai, même, découverte une, moi-même, sur le Mount Adams, dans l’état de Washington – selon feu James Reveal, l’expert US des Polygonacées. 

Un statut d’espèce d’autant plus – ô combien d’autant plus selon le mythos de la génétique moderne – qu’elle possède son propre poids spécifique d’ADN (2843 Mbp) et qu’elle est placée, par des analyses génétiques ad hoc, dans un clade, totalement, à part.

Et comment l’appellerions-nous? “Ocimum besobila”? Ou, encore, “Ocimum bisabolenum”?

Une Tulsi Tempérée d’Origines Inconnues

La Tulsi tempérée au parfum épicé de vanille, de tutti-frutti, ou de myrrhe – et au pollen rouge – est proposée, commercialement, en semences bios, depuis une bonne quarantaine d’années et je l’ai introduite, moi-même, en France, dès 1994, avec Terre de Semences – l’ancêtre de l’Association Kokopelli –  sous l’appellation “Basilic sacré”.

En fait, cette Tulsi est l’une des plus faciles à cultiver dans les pays tempérés. Elle est “tempérée” sur le plan des conditions agricoles… mais point eu égard à son parfum qui est très intense. D’ailleurs, actuellement, lorsque j’arrose mon jardin de désert – à raison de trois bonnes heures, quotidiennement, quasiment tous les jours de l’été… parce que les orages tournent et éclatent ailleurs! – cette Tulsi vanillée est la seule, des 30 types de Basilics que je cultive, à se faire remarquer, du nez, en dégageant son fort parfum sous l’effet de l’arrosage. 

J’avais découvert cette “Tulsi”, dans le catalogue – de type Caverne d’Ali Baba – de l’organisation à but non lucratif, “Abundant Life Seed Foundation” qui possédait, alors, 3000 variétés, ou espèces, en semences – en grande partie bios –  et qui fut consumée par un incendie criminel dans des conditions très suspectes, en 2003. 

Pollen rouge brique

Abundant Life Seed Foundation avait été créé, par Forest Shomer, à Port Townsend: il publia son premier catalogue de semences en 1974. J’ai échangé avec Forest, à plusieurs reprises, mais il ne pouvait pas se souvenir de l’origine de cette Tulsi tempérée qu’il avait introduite dans le milieu du jardinage bio, sur la côte ouest des USA – il y a une quarantaine d’années.  

Mais il est fort possible que j’en aie obtenu, également, des semences de mon ami Mushroom – alias Alan Kapuler de Peace Seeds. Mushroom les avait lui-même reçues, originellement, du semencier J. L. Hudson, Seedsman, de la Honda en Californie – un autre  catalogue -de semences de type Caverne d’Ali Baba. [81]

L’intérieur de la corolle est totalement glabre.

Les plantes de cette Tulsi sont compactes, avec un port très ramifié: elles font environ 30/45 cm d’amplitude et 35 cm de hauteur à pleine floraison/fructification. Les feuilles, bien découpées, et de couleur vert foncé, peuvent atteindre 50 mm de longueur, avec un pétiole de 10 mm – cependant, la plupart d’entre elles sont beaucoup plus petites. Les fleurs mauve pâle, de 6 à 7 mm de longueur, sont sessiles – à savoir, qu’elles possèdent un très court pédoncule. L’intérieur de la corolle est totalement glabre. Quatre étamines – qui s’étendent, à maturité, bien au-delà de la corolle –  produisent un pollen de couleur rouge brique. La production de semences est abondante et rapide. La plante se caractérise par une très grande résistance aux froids de l’automne. 

Les feuilles, bien découpées, et de couleur vert foncé, peuvent atteindre 50 mm de longueur, avec un pétiole de 10 mm – cependant, la plupart d’entre elles sont beaucoup plus petites.

A l’automne 2016 – alors que je commençai, assidument, à photographier une pléthore d’écotypes et de variétés d’Ocimum – afin d’enrichir la gamme de semences bios médicinales de Kokopelli – j’ai mis en exergue qu’il ne pouvait s’agir de l’espèce Ocimum sanctum/Ocimum tenuiflorum, originaire de l’Inde, car cette Tulsi, très rustique au froid et très compacte de port, se caractérise, botaniquement, par du pollen de couleur rouge brique et par des semences très mucilagineuses lorsqu’elles sont humidifiées. De plus, la morphologie de ses fleurs, tout comme de ses feuilles, est différente – strictement et totalement – de celle d’Ocimum tenuiflorum.

Voici les espèces d’Ocimum qui possèdent des graines mucilagineuses. Toutes les espèces de la sous-section Ocimum de la section Ocimum, du genre Ocimum: Ocimum basilicum, Ocimum americanum, Ocimum kilimandscharicum, Ocimum forskolei, Ocimum fisheri, Ocimum kenyense et Ocimum citriodorum. Les espèces de la section Gymnocymum: Ocimum campechianum et Ocimum ovatum. 

Quant à Ocimum tenuiflorum, dans la section Hyérocimum, son mucilage est considéré beaucoup moins abondant que celui de la sous-section Ocimum. Qui plus est, l’une des clés botaniques d’Alan Paton le mentionne avec des semences non mucilagineuses. 

Voici les espèces qui ne possèdent pas de graines mucilagineuses. Les espèces de la sous-section Gratissimum de la section Ocimum:

Ocimum gratissimum, Ocimum cufodontii, Ocimum jamesii, Ocimum mummularia, Ocimum spicatum, Ocimum urticifolium.

J’ai, donc, alerté mes amis et collègues semenciers, dans tous les USA (en particulier Richo Cech de Strictly Medicinal Seeds, Mushroom de Peace Seeds, Frank Morton de Wild Garden Seeds, CR Lawn de Fedco, etc) quant au fait que l’Ocimum, originaire d’Inde, au pollen rouge, que nous commercialisions, depuis des dizaines d’années, sous les dénominations “Holy Basil”, “Tulsi”, “Basilic Sacré” – et, qui fut, ensuite, commercialisé sous les dénominations “Spice” et “Blue Spice”… pour faire plus épicé – n’était, “spécifiquement” parlant, rien de ce dont l’affublaient, les uns et les autres… au petit bonheur de la chance botanique. 

En quête de Pollen rouge brique

Richter’s Seeds, au Canada, le vend, depuis très longtemps, sous le nom “Spice”. D’ailleurs, ce semencier ne prend pas de risque, spécifique, car il le présente en Ocimum sp. – à savoir, un Ocimum non spécifié. [9]

En effet, certains le nommaient “Kapoor”… alors que cette dénomination caractérise, strictement, Ocimum kilimandsharicum, dans toute l’Inde. Il est vrai que cette confusion peut, aisément, émaner du fait que la Tulsi tempérée, d’origine inconnue, et la Tulsi du Kilimandjaro, possèdent, toutes deux, un pollen de couleur rouge brique. Voir, à ce sujet, ma monographie intitulée “Les Qualités Extrêmement Médicinales de la Tulsi du Kilimandjaro, Ocimum kilimandscharicum”

Pour comble de confusion botanique, aujourd’hui, ce Basilic est encore commercialisé sous ce nom par des dizaines de semenciers aux USA. Par exemple, sous le nom de Tulsi “Kapoor”, Ocimum africanum, par Johnny’s Seeds. [12] Ou, encore, sous le nom de Tulsi “Kapoor”, Ocimum sanctum, par Southern Exposure Seed Exchange… et tant d’autres semenciers. [24]

D’autres le nommaient “Tulsi Rama”… alors que cette dénomination caractérise, principalement, Ocimum tenuiflorum (dans sa forme verte) et, parfois, selon certaines investigations pharmacologiques, Ocimum gratissimum – telle une étude, de 2015,  [30] portant sur les activités anti-bactériennes, et anti-fongiques, d’Ocimum kilimandscharicum, Ocimum tenuiflorum et Ocimum gratissimum

Certaines investigations pharmacologiques l’identifiaient comme un “Ocimum basilicum” tandis que d’autres comme un “Ocimum americanum” ou, encore, un Ocimum americanum sp. pilosum – selon l’étude de James Simon en 1999.

Aujourd’hui, Richo, de Strictly Medicinal Seeds le présente comme un “Ocimum africanum[7]… que certains botanistes préfèrent considérer comme une sous-espèce, à savoir Ocimum americanum sp. pilosum.

Il est à noter, également – ce qui ne facilite pas le répertoriage – que de très nombreux auteurs utilisent la dénomination spécifique “Ocimum canum” afin d’indiquer tout écotype d’Ocimum africanum – et, parfois, d’Ocimum americanum.

Richo précise, sur son site, qu’une analyse génétique l’a identifié comme tel – “Ocimum africanum”. Nonobstant, si l’on accepte cette forme de mythos scientifique, que constitue la génétique moderne, il faut, alors, concéder que les diverses formes de cette Tulsi tempérée, au pollen rouge, constituent un groupe à part, génétiquement parlant, de toutes les variétés, ou espèces, d’Ocimum commercialisées. 

Que devons-nous en déduire – d’un point de vue spécifique? 

En effet, une étude Taïwanaise, de 2013, ayant recours aux marqueurs moléculaires (polymorphisme d’amplification aléatoire de l’ADN) a découvert [8] que les écotypes “Spice” et “Blue Spice” constituaient leur propre groupe à part. A savoir que cette étude Taïwanaise a divisé tous les écotypes analysés en quatre groupes distincts:

Le premier groupe ne contenait que des variétés d’Ocimum basilicum. 

Le second groupe contenait les variétés (ou écotypes) “Lemon”, “Lime”, “East Indian”, “Mrs. Burns” et “Sweet Dani” – qui sont considérés appartenir à Ocimum citriodorum… qui, selon les uns, serait un hybride interspécifique impliquant Ocimum basilicum et Ocimum americanum sp. pilosum. Selon les autres [38], Ocimum citriodorum et Ocimum americanum sp. pilosum ne constitueraient qu’une seul taxon eu égard à la stricte proximité, pour ne pas dire similarité, des composants de leurs huiles essentielles, du moins dans certains écotypes – à savoir: linalol, nérol, géraniol et citral… et parfois bisabolène. 

Le troisième groupe contenait l’espèce Ocimum tenuiflorum.

Le quatrième groupe contenait les écotypes “Spice” et “Blue Spice” – à savoir, la Tulsi tempérée au pollen rouge.

De plus, cette étude Taïwanaise a clairement affirmé qu’il n’existait aucune différence entre les écotypes “Spice” et “Blue Spice”. D’ailleurs, le semencier Canadien, Richter’s Seeds, qui commercialisait les deux, auparavant, ne commercialise plus que “Spice”.

Par contre, cette étude a continué (tout comme un certain nombre de chercheurs) à inclure ces deux écotypes dans l’espèce Ocimum basilicum – tout en affirmant qu’ils étaient, vraiment, excessivement distants, génétiquement parlant de tout le reste d’Ocimum basilicum… à l’instar des écotypes citronnés “Sweet Dani” et “Mrs Burn”.

En 2016, j’ai pris conscience qu’aucun botaniste ne s’était jamais, vraiment, penché sur le sujet de cette Tulsi tempérée – à savoir, de décliner sa nature spécifique et ses origines. J’ai, alors, contacté Alan Paton, du Jardin Botanique de Kew, qui est un expert es Ocimum – et l’auteur de nombreux essais, et clés botaniques, sur ce genre botanique. Il pensait, à l’époque, du moins, que cette “Tulsi”, au pollen rouge brique, pourrait constituer une forme d’Ocimum africanum ou un hybride interspécifique entre Ocimum basilicum et Ocimum africanum.

En 2002, lors d’une étude intitulée “Leaf flavonoid glycosides as chemosystematic characters in Ocimum”, Alan Paton étudia les chémotypes principaux des glycosides flavonoïdes foliaires comme caractères chimio-systématiques chez les diverses espèces d’Ocimum. [35] Les principaux glycosides flavonoïdes de la Tulsi tempérée  – enregistrée, alors, au Jardin Botanique de Kew, en Angleterre, comme “Ocimum americanum. CV Sacred. BI 6442” –  étaient différentes formes de quercétine tandis que les mineurs étaient le kaempférol et la lutéoline. La vicénine n’était présente que chez Ocimum americanum sp. pilosum.

C’est une hypothèse comme une autre… mais que je ne ressens pas très satisfaisante. Selon Paton et Putievsky (1996), la faisabilité de croisement entre Ocimum basilicum et Ocimum africanum dépend des variétés: elle fut, dans leur étude, de 0% pour la variété “Dark Opal” et de 12,5% pour un écotype non dénommé d’Ocimum basilicum sp. purpurascens – avec jusqu’à 50% de semences fertiles dans le cas des croisements couronnés de succès. [38] 

Caveat. Cette étude est très loin de prouver un potentiel de croisement, entre Ocimum basilicum et Ocimum africanum, car certains écotypes d’Ocimum basilicum sp. purpurascens sont très proches d’Ocimum americanum. En effet, des informaticiens généticiens ont, récemment, déterminé deux clades dans la section Ocimum du genre Ocimum: le clade Ocimum basilicum et le clade Ocimum americanum. Selon leurs conclusions, le clade Ocimum basilicum comprendrait les espèces Ocimum basilicum et Ocimum minimum (une de ses sous-espèces) tandis que le clade Ocimum americanum comprendrait les espèces Ocimum americanum, Ocimum africanum et deux accessions d’Ocimum basilicum var. purpurascens. [14]

De plus, l’étude de 2013 – qui portait sur la résistance au mildiou de 113 types de Basilics – a affirmé que tous les croisements effectués entre des variétés d’Ocimum basilicum, susceptibles au mildiou, et des écotypes d’Ocimum americanum, résistants au mildiou, étaient strictement stériles. [10]

De plus, encore, ainsi que je l’ai longuement expliqué dans ma section “Quasiment toutes les variétés, commercialisées, d’Ocimum basilicum sont décimées par le mildiou, Peronospora belbahrii”, il est quasiment, strictement, impossible de transférer vers Ocimum basilicum une résistance au mildiou émanant d’une quelconque espèce connue… que ce soit Ocimum americanum, Ocimum tenuiflorum, Ocimum gratissimum, Ocimum selloi, etc, etc. 

Les barrières spécifiques, dans le genre Ocimum, paraissent très infranchissables… Mais qui pourrait affirmer qu’elles l’ont toujours été? Car la Mère se donne un grand plaisir à jouer avec la Matière… depuis des éons.

C’est, ainsi, que cette année, je cultive, dans mon jardin de désert, une trentaine de variétés ou écotypes d’Ocimum – dont certains de la banque de semences de l’USDA. J’espère que les abeilles, et autres vecteurs volants, honoreront leur tâche de telle manière à nous régaler, un jour, d’une quelconque forme nouvelle d’Ocimum – une singularité de Basilic émanant du Temps de Rêve de notre Mère Planétaire.

A cet égard, je vais recueillir, plus particulièrement, des semences: de la Tulsi du Kilimandjaro, de la Tulsi tempérée, d’une variété d’Ocimum basilicum de Rutgers (Devotion) très résistante au mildiou, d’un écotype très citronné d’Ocimum basilicum Iranien… en espérant que cette joyeuse compagnie, de Basiles et autres Ocimum, se laisse aller aux fusions propres à tous les flux génétiques au sein de la Biosphère. 

En fait, aujourd’hui, il semble avéré que les seuls croisements fertiles, impliquant Ocimum basilicum, le soient avec Ocimum kilimandsharicum – et ils ne sont pas très nombreux pour ne pas dire … qu’ils sont rares et, même, spontanés. Voir ma section intitulée “Flux Génétiques de la Tulsi du Kilimandjaro”

Aujourd’hui, répétons, une nouvelle fois, que le seul écotype, d’Ocimum basilicum, résistant au mildiou est dénommé “Mrihani”.

L’écotype Africain, Mrihani, représente, aujourd’hui, la seule chance pour les chercheurs, et les obtenteurs, d’avoir une source “Ocimum basilicum” de totale résistance au mildiou.  “Mrihani” signifie Basilic en Swahili. C’est un terme usité dans toutes les langues Sémites et signifiant, de nos jours, basilic: Reyhan, ריחן, en Hébreu; ريحان Rihan en Arabe; Reyhan/Reyhoon en Perse, Ryhon au Tajikistan, etc. Il est issu de la Racine Sémite “Reyhan”.

C’est Richo – qui est, également, un explorateur botanique –  qui l’a ramené, aux USA, de Zanzibar. Merci Richo! Que serait le monde du Basilic, aujourd’hui, si l’université de Rutgers n’avait pas eu le privilège de transférer ses résistances dans des variétés plus “classiques”?

Pour la petite histoire, nous fûmes voisins, avec Richo, dans le sud de l’Oregon, pendant de très nombreuses années. En fait, ses petits-enfants étaient dans l’école alternative où ma compagne, Sofy, professait l’une des seules matières non-phagocytées par le système de l’éducastration des enfants: les travaux manuels… authentiques: tricots, mocassins, etc… C’était une école de type Waldorf pour enfants pauvres du sud de l’Oregon… un sud abandonné aux cupidités de la Mafia du Cannabis – sous tous aspects et, surtout, eu égard à la récupération, de cette Plante Médicinale Maîtresse, par la Mafia Pharmacratique.  

En conclusion, en attendant qu’un chercheur avisé résolve l’origine de cet écotype de basilic, je l’avais dénommé “Ocimum pollini-coccineo” – si je puis en appeler à la traduction en Latin, et au datif, de l’expression “Ocimum au pollen rouge”.

Au sujet des écotypes de Tulsi tempérée, au pollen rouge, répertoriés comme Ocimum tenuiflorum dans la banque de semences de l’USDA… ou par les semenciers Occidentaux

J’ai évoqué, à plusieurs reprises, dans mes monographies médicinales sur les Ocimum, que je cultive, depuis quelques années, des écotypes d’Ocimum fournis gracieusement, à titre de recherches, par la banque de semences de l’USDA – à savoir, du ministère de l’agriculture US.

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir, cette année, que l’écotype PI 652059, originaire des Maldives, n’était pas un Ocimum tenuiflorum, comme supposé, mais une Tulsi tempérée au pollen rouge. Je me suis dit, alors, qu’il me restait à vérifier, la saison prochaine, que cela ne soit pas une erreur de ma part.

Les Maldives sont ces îles de l’Ocean Indien… à l’est, en ligne droite, de l’Ethiopie! 

Ecotype de la Tulsi tempérée: PI 652059 (GRIN/USDA) originaire des Maldives. Cette plante fait 75 cm de diamètre, mi-septembre, pour un semis d’avril.

Et alors que je pensais en avoir fini avec ce présent essai sur les origines de cette Tulsi, je vérifiais sur le web si une étude avait, déjà, évalué cet écotype – car de nombreuses investigations pharmacologiques, agronomiques, botaniques, etc, s’en remettent soit aux sociétés de commercialisation de semences, soit aux banques de semences officielles.

Les deux constituent une source d’erreurs botaniques incroyables. Ce n’est pas une rumeur… mais un fait avéré.

C’est ainsi que je viens de découvrir l’écotype PI 652059 dans l’étude analysant les capacités de résistances, de multiples écotypes, au mildiou du basilic. “Resistance Against Basil Downy Mildew in Ocimum Species”. [29] Il est considéré comme très résistant au mildiou… ce qui s’explique, tout simplement, par le fait que toutes les formes, de Tulsi tempérée, le sont. 

Il en est de même, d’ailleurs, de l’écotype PI 414201… et des autres écotypes de cette série (PI 414203, PI 414205) qui sont présentés comme Ocimum tenuiflorum. Seraient-ce, également, des Tulsis tempérées?

C’est, trés vraisemblablement, le cas si l’on en juge par les conclusions de l’étude, publiée en 2018, et intitulée “Variation in Growth and Development, and Essential Oil Yield between Two Ocimum Species (O. tenuiflorum and O. gratissimum) Grown in Georgia”. [53]

En effet, cette étude affirme que les écotypes nommés “Kapoor”, PI 414201, PI 414202, PI 414203, PI 414204, PI 414205, PI 652056 et PI 652059 présentent, tous, le même type de feuilles, la même haute productivité de bio-masse, le même port très compact, le même taux très bas dans son huile essentielle… toutes caractéristiques qui définissent une Tulsi tempérée au pollen rouge. 

L’étude de Simon and Vieira, de 2016, attribua un taux de 0,27% d’huile essentielle chez l’écotype de Tulsi tempérée, PI 414204. 

Les écotypes PI 414201, PI 414202, PI 414203, PI 414204, PI 414205, PI 652056 et PI 652059 sont tous présentés comme Ocimum tenuiflorum et, à part le dernier originaire des Maldives, ils sont répertoriés dans la banque de semences USDA de l’état du Maryland.

Une erreur de répertorisation botanique, eu égard à cette espèce inconnue de Tulsi, est aisément explicable de par le fait qu’elle a été commercialisée, depuis plus de 40 années, sous la dénomination de “Basilic Sacré”; de par le fait qu’Ocimum tenuiflorum était anciennement Ocimum sanctum – à savoir, “Basilic Sacré”; de par le fait les “Besobela” Ethiopiens ont été commercialisés sous l’appellation de “Basilic Sacré Ethiopien”.

L’écotype de “Kapoor” provient de chez Richo (Strictly Medicinal Seeds). Je n’ai prévenu Richo que fin 2016 eu égard à cette erreur botanique… car “Kapoor” est, strictement, Ocimum kilimandsharicum. Nonobstant, Noelle Fuller, la responsable de l’étude, ayant réalisé ses cultures, en Georgie, en 2015 et 2016, ne pouvait pas être au fait de cette erreur.

Cependant, elle s’en doutait car elle précise, en conclusion que: «Malheureusement, il existe une grande confusion quant à l’origine du cultivar Kapoor, et il est difficile de l’identifier botaniquement».

De plus, il existe une forme de confirmation génétique, sous forme de clade, pour certains de ces écotypes USDA – PI 414201 et PI 414203- dans l’étude, de 2018, intitulée “Population structure, genetic diversity and downy mildew resistance among Ocimum species germplasm”. [23] En effet, il y est précisé, dans un jargon très “mytho-génétique”, que «Trois descendances F1 de l’accession 139 (“Spice”) de k3.1 hybridées avec les accessions k1.1 d’Ocimum basilicum – à savoir, 22 (RUSB_09), 6 (“DiGenova”) et 47 (MRI) – forment un clade bien supporté (0.938) avec les accessions 135 (PI 414201) et 136 (PI 414203)».

De plus, il est, clairement, précisé, dans cette étude, que: «Deux autres entrées USDA/GRIN, PI 414201 (acc. 140) et PI 414203 (acc. 141), sont incluses dans ce clade et leur parenté est inconnue». Ces quatre écotypes sont répertoriés comme Ocimum tenuiflorum par USDA/GRIN – ainsi que je l’ai mentionné ci-dessus. [79]

C’est, également, cette étude qui a tenté d’hybrider la Tulsi tempérée, dénommée “Spice”, avec les trois variétés d’Ocimum basilicum sus-citées. Ces chercheurs ont, donc, même, tenté de croiser la Tulsi “Spice” avec l’unique variété d’Ocimum basilicum totalement résistante au mildiou, à savoir Mrihani (MRI)… sans succès car les progénitures étaient totalement stériles.

 Ils ont, également, tenter de croiser ces trois variétés d’Ocimum basilicum avec un écotype d’Ocimum kilimandsharicum sans plus de succès

En conclusion, il semble raisonnable, en attendant de cultiver de nouveau tous ces écotypes – PI 414201, PI 414202, PI 414203, PI 414204, PI 414205, PI 652056 et PI 652059 – d’affirmer que ce sont des formes de Tulsi tempérée au pollen rouge et au port très compact… et non pas des Ocimum tenuiflorum.

En fait, cette découverte possède des répercussions considérables sur le plan scientifique – botanique, génétique, pharmacologique, médicinal, etc.

En ce qui me concerne, j’ai, de suite, pris conscience que l’étude Croate – intitulée “Molecular and chemical characterization of the most widespread Ocimum species” – qui prétendait avoir découvert des chémotypes Bisabolène dans quatre écotypes d’Ocimum tenuiflorum – MAP01627, MAP00160, MAP01656, MAP01628 – s’était complètement fourvoyée. 

En conclusion, j’ai informé la professeur Klaudija Carović-Stanko, de l’université de Zagreb, que la section de son étude qui a trait au placement génétique d’Ocimum tenuiflorum  – dans le grand arbre des Ocimum – est totalement erronée… car il s’agit de divers écotypes de la Tulsi tempérée.

Et ce type d’erreurs scientifiques – par défaut d’authentification botanique authentique –  se dissémine, comme le feu, car tout un chacun fait référence à d’autres pour y aller de sa publication de thèse.

Ainsi l’étude, de 2015, intitulée “Sources of variability in essential oil composition of Ocimum americanum and Ocimum tenuiflorum”, décline les divers chémotypes Bisabolène proposés par Klaudija Carović-Stanko et son équipe. [83]

Ainsi l’étude, de 2021, intitulée “A glance at the chemodiversity of Ocimum species: Trends, implications, and strategies for the quality and yield improvement of essential oil” [103], évoque des chémotypes Bisabolène pour Ocimum tenuiflorum et pour Ocimum americanum alors que, dans les deux cas, ce sont des écotypes de Tulsi tempérée qui ont été analysés dans les études référées – ainsi que je le prouve, également, pour Ocimum americanum dans ma monographie portant sur cette espèce. [105]

En effet, cette équipe Croate a identifié le “β-bisabolène” dans ces quatre écotypes à hauteur, respectivement, de 51,98%; de 26,68%; de 25,89%; et de 24,60%. [21] 

De plus, ce serait une forte coïncidence que quatre écotypes d’Ocimum tenuiflorum partagent du même chemotype Bisabolène – alors que cet élément n’est pas commun chez cette espèce. D’ailleurs, leur taux en eugénol varie, en fonction des quatre écotypes, de 0% à 3,1%.

Il reste à vérifier si l’écotype d’Ocimum tenuiflorum, analysé en Iran, en 2013 – avec un chémotype Bisabolène, Eugénol et Eucalyptol, à parts égales, dans son huile essentielle – est réellement un écotype de cette espèce. [20]

Ces quatre écotypes (MAP01627, MAP00160, MAP01656, MAP01628) sont issus de la banque de semences de l’université de Zagreb, en Croatie… et il y a fort à parier qu’ils sont originaires de la banque de semences de l’USDA.

Pourquoi? Parce que les banques de semences, et les jardins botaniques, de toute la planète, s’échangent des semences. Lorsque j’ai créé le Jardin Botanique de la Mhotte, en 1994, j’ai beaucoup échangé avec des jardins botaniques du monde entier.

De plus, l’équipe Croate n’est pas la seule à s’être laissée fourvoyer dans des impasses botaniques. Je viens de découvrir quelques études qui, manifestement, ont analysé l’huile essentielle d’écotypes de Tulsi tempérée – en pensant avoir affaire à Ocimum tenuiflorum.

Selon l’étude Iranienne, de 2015, intitulée “The Effect of Different Harvest Stages on the Quality and Quantity of the Essential Oil of Tulsi (Ocimum sanctum L.)”, l’écotype d’Ocimum sanctum analysé contenait de 7 à 10% de β-bisabolène. [63]

Est-ce réellement un Ocimum tenuiflorum – ou une Tulsi tempérée au Bisabolène?

La même question se pose pour l’étude, de 2014,  intitulée “Comparative Volatile Oil Composition of Three Ocimum Species from Western Himalaya” qui déclare avoir analysé un Ocimum tenuiflorum avec 16,1% de bisabolène. [71]

Selon l’étude, de 2005, intitulée “Composition of the Essential Oil of Ocimum in Poland During Vegetation”, l’écotype d’Ocimum tenuiflorum analysé contenait, en fin de croissance, 20,4% de β-bisabolène et 6,9% de trans-α-bisabolène – et 7% d’eugénol. [64]

Est-ce réellement un Ocimum tenuiflorum – ou une Tulsi tempérée au Bisabolène?

Selon l’étude, de 2016, intitulée “Antimicrobial Activity of Tulsi (Ocimum tenuiflorum) Essential Oil and Their Major Constituents against Three Species of Bacteria”, l’écotype d’Ocimum tenuiflorum analysé contenait 10,7% de β-bisabolène et 16,7% d’α-bisabolène – dans les fleurs. [65]

Est-ce réellement un Ocimum tenuiflorum –  ou une Tulsi tempérée au chémotype Bisabolène?

Selon l’étude, de 2012, intitulée “Pharmacognostical, phytochemical and pharmacological variations in various species of Ocimum genus a review”, l’écotype d’Ocimum tenuiflorum analysé contenait de 13 à 20% de β-bisabolène et de 4 à 7% d’(E)-α-bisabolène. [104]

Est-ce réellement un Ocimum tenuiflorum –  ou une Tulsi tempérée au chémotype Bisabolène?

Selon l’étude Egyptienne, de 2016, intitulée “Introduction of Ocimum tenuiflorum plant to the Egyptian cultivation”, l’écotype d’Ocimum tenuiflorum analysé contenait 17,2% de β-bisabolène. [82]

Est-ce réellement un Ocimum tenuiflorum – ou une Tulsi tempérée au chémotype Bisabolène? La question ne se pose sans doute pas car la souche de semences provient du semencier Californien J. L. Hudson, Seedsman qui, justement, possède la réputation d’être l’un des introducteurs de la Tulsi tempérée, au pollen rouge, aux USA, dans les années 80. Aujourd’hui, ce catalogue vend de la semence de Tulsi tempérée au kilo (en bio) et il continue de la présenter comme Ocimum sanctum.

Ainsi, donc, en conclusion constructive… et au risque de poser une question épicée. De par les cas présents, avérés et flagrants, d’usage d’une ressource génétique Ocimum de type “Tulsi tempérée” – “Sacred Basil”, “Spice”, “Blue Spice” – en lieu, officiellement, d’Ocimum tenuiflorum (strictement originaire de l’Inde), il serait intéressant de connaître, exactement, le nombre d’études scientifiques officielles dont la mission était de réaliser des investigations très coûteuses, et complexes, à partir d’écotypes d’Ocimum tenuiflorum qui s’avéraient être, authentiquement, des “Tulsi” tempérées aux parfums épicés, boisés, myrrhés – sur mode Bisabolènes… et originaires d’Ethiopie. 

Bien heureusement, si l’on en juge par les 200 premières études – sur 651 – présentées par PubMed sur la requête “Ocimum tenuiflorum”, et dont j’ai consulté les noms des auteurs, il s’agit, pour la très grande majorité, d’études réalisées en Asie, et surtout en Inde – à savoir au coeur de la tradition qui vénère la Tulsi Ocimum tenuiflorum.

Pourquoi? Parce que ces études ont fait confiance, directement, à la banque de semences de l’USDA – ou, indirectement, aux banques de semences des jardins botaniques et universités, de par le monde, en partenariat avec l’USDA. 

Et, également, parce que ces études ont puisé dans les ressources-semences proposées par les semenciers US – et Européens depuis 1994. Et, assurément, tous les semenciers des USA qui proposaient, 30 ans en arrière, et qui continuent de proposer un basilic “Sacré” – à savoir la Tulsi tempérée, sous le nom de “Sacred Basil”, “Spice” et “Blue Spice” – lui ont attribué l’espèce Ocimum sanctum/Ocimum tenuiflorum. En effet, cette dénomination est auréolée de tout un prestige – ô combien mérité! More Spicy, Baby!

Et ce, malgré qu’ils vantent son parfum tellement exotique et vanillé, son port compact, sa résistance au froid, sa croissance et floraison très rapides… toutes qualités, strictement, antinomiques à la nature intrinsèque d’un Ocimum tenuiflorum – dans un environnement au “climat” dit tempéré. 

Il ne saurait en être autrement car, d’une part, le but d’un semencier est de vendre des semences qui s’achètent parce qu’elles sont cultivées avec amour. Or, tout autant en Amérique du nord, dans la majorité des régions, qu’en Europe, la Tulsi Ocimum tenuiflorum s’avère très difficile à cultiver car il lui faut beaucoup, et longtemps, de chaleur – ou une serre. La Tulsi Ocimum tenuiflorum ne produit de la bio-masse que dans des conditions de très bonne chaleur – ou sous serre.

Aujourd’hui, afin de vérifier ce qui se passe aux USA, dans le monde des semences de basilics, il n’est que de faire une recherche sur la Toile, avec les mots clés “Sacred, Basil, Seeds, Organic, Ocimum tenuiflorum”, pour découvrir des dizaines de semenciers qui continuent de prétendre que la Tulsi tempérée au pollen rouge – qu’ils présentent, très clairement en photographies et en descriptions – soit un Ocimum tenuiflorum.

D’autre part, au vu de l’extrême renommée des basilics Besobila en Ethiopie, il est aisé de considérer qu’ils possèdent, pour ces Peuples, un caractère “Sacré” car, c’est sûrement la réalité… comme pour les diverses Tulsi en Inde. Pour ces Peuples, cette Tulsi tempérée constitue l’une des bases de leur alimentation et de leur thérapie – donc de leur Vie.

“Sacré”, du moins, son expression la plus sacrée, à savoir “qui confère du Pouvoir”. En effet, les termes “sacré”, “sacrement”, “sacrifice”, etc, participent de la même étymologie: “Sak” en Sanskrit, signifiant “la force, la puissance” – à savoir le Pouvoir. Ce qui est “sacré”, pour l’Anthropos, génère un partage de Pouvoir … avec celles qui le détiennent, à savoir les Forces Telluriques.

Ainsi, depuis 25 années, au moins, il y a fort à suspecter qu’une grande partie des études scientifiques Occidentales, portant sur Ocimum tenuiflorum, ont eu comme sujet la Tulsi tempérée – pour manque de ressources génétiques authentiques. 

Aujourd’hui, je serais, donc, enclin à proposer de remettre en question toute les études portant sur Ocimum tenuiflorum lorsqu’elles ont été réalisées en Europe ou en Amérique du nord – et même du sud – en l’absence d’une photographie afférente permettant d’authentifier la plante.

Je pensais, malheureusement, que l’on pouvait faire toute confiance à des études portant sur l’espèce Ocimum tenuiflorum lorsqu’elles sont réalisées en Inde – ou en Thaïlande – par des chercheurs vivant dans le pays, ayant accès à des ressources génétiques vivantes, sauvages ou cultivées, et ayant la possibilité de faire établir une détermination botanique authentique digne de ce nom… 

… car Ocimum tenuiflorum siège au coeur du foyer de centaines de millions de familles, en Inde – et il serait rare qu’un scientifique de  ce pays ne sache pas reconnaitre cette Tulsi. 

Nonobstant, mes découvertes – présentées dans la section suivante – eu égard à des études réalisées en Inde avec des Tulsi tempérées en lieu d’Ocimum americanum m’ont fait remettre un certain nombre de phénomènes en question.

Ainsi, j’ai découvert des photographies de cet écotype, provenant de deux blogs en Inde. Un blog de plantes médicinales dans l’état de Manipur [78] et un blog commercial, pour jardiniers, plein de publicités atroces et d’erreurs botaniques monstrueuses [77]. Chez ces deux blogs, la Tulsi tempérée est présentée comme Ocimum tenuiflorum.

L’une des conclusions, de ce marasme de détermination spécifique botanique, c’est qu’il serait nécessaire de reprendre toutes les études “scientifiques”, Occidentales, qui ont utilisé la Tulsi tempérée, depuis un quart de siècle, en lieu d’Ocimum tenuiflorum… afin de remettre certains pendules biologiques, chimiques, génétiques, morphologiques, à l’heure. 

Et, surtout, afin de rassembler des informations précieuses, quant à la nature de la Tulsi tempérée, qui étaient présentées, en toute clarté, depuis tant d’années… mais sous un autre nom. Pourquoi? Afin d’argumenter, encore mieux, au sujet de la nécessité de conférer un nom d’espèce à la Tulsi tempérée car il semblerait que ses caractéristiques morphologiques, et agronomiques, n’aient pas suffi à persuader les experts Occidentaux du monde du basilic…

Des experts Occidentaux du monde du basilic qui, d’ailleurs, en l’espace d’un quart de siècle, n’ont jamais découvert qu’une sérieuse erreur de détermination botanique invalide un certain nombre d’études Européennes et Américaines portant sur Ocimum tenuiflorum.   

Par exemple, commençons par cette étude, de 2003, intitulée “Genetic Diversity of Basil  (Ocimum spp. based on RAPD Markers”. [56] En fait, tout ce qui est décrit, dans cette étude, portant sur Ocimum tenuiflorum concerne un écotype dénommé “Sacré”, distribué par Nichols Gardens, et dont l’identité est clairement celle d’une Tulsi tempérée – selon les photographies, et la description, de cette société semencière – malgré qu’il soit présenté comme un Ocimum tenuiflorum. [57]

Dans cette étude, il est remarqué que malgré qu’Ocimum tenuiflorum et Ocimum selloi partagent de la même section, ils ne présentent que 36% de similarité – eu égard à leur analyse génétique. On peut, donc, en déduire que la Tulsi tempérée ne peut pas être placée dans la même section botanique incluant Ocimum tenuiflorum et Ocimum selloi – ce qui est bien évident pour tout botaniste, ou observateur, avisé.

Par exemple, ensuite. Il existe une étude Australienne, intitulée “Antimicrobial Activity of Tulsi (Ocimum tenuiflorum) Essential Oil and Their Major Constituents against Three Species of Bacteria” [98], dont l’écotype, supposé, d’Ocimum tenuiflorum contient plus de 27% de bisabolène dans ses sommités fleuries et, bizarrement, très peu dans son huile essentielle.

S’agit-il vraiment, d’un Ocimum tenuiflorum ou d’une forme de Tulsi tempérée?

Par exemple, encore. Selon l’étude, de 1996, “Essential oils of Ocimum gratissimum L. and Ocimum tenuiflorum grown in Andhra Pradesh”  [106], Lawrence et al., en 1980, et Philip et Damodaran, en 1985, ont rapporté l’existence d’un écotype Thaïlandais d’Ocimum tenuiflorum contenant de 30% à 33,4% de bisabolène. 

S’agit-il vraiment, d’un Ocimum tenuiflorum ou d’une forme de Tulsi tempérée?

Une autre information précieuse est pourvue dans une étude intitulée “Estimation of nuclear DNA content of cultivated Ocimum species by using flow cytometry”. [55] Selon cette étude, le contenu en ADN, de l’écotype de Tulsi tempérée – PI 652059 originaire des Maldives – est de 2843 Mbp. Cette étude, bien sûr, prétend analyser un écotype d’Ocimum tenuiflorum mais cette erreur nous permet d’apprécier l’amplitude génétique de l’ADN d’un écotype de Tulsi tempérée – pour valoir ce que de droit.

Cet écotype des Maldives est celui de la banque de semences USDA que j’ai cultivé cette année – en compagnie de l’écotype “Spice”, du semencier Canadien Richter’s, et de l’écotype “Tulsi. Basilic sacré” de l’Association Kokopelli que j’ai introduit, en France, en 1994. Ces trois écotypes sont, strictement, identiques – du moins d’un point de vue morphologique si ce n’est eu égard au contenu de leur huile essentielle. Et encore… car le parfum de ces trois écotypes est tout aussi intense et exotique.

C’est une information précieuse car la taille du génome d’Ocimum tenuiflorum a été, calculée, plusieurs fois… et il ne s’agit, pas du tout, des mêmes amplitudes d’ADN.

En effet, selon les publications ci-après, le génome d’Ocimum tenuiflorum serait de 5 à 6 fois plus petit que celui de la Tulsi tempérée. 

Rastogi et al., en 2015, dans leur étude “Unravelling the genome of Holy basil: An “incomparable” “elixir of life” of traditional Indian medicine” – avec photographies à l’appui – déclarent que le génome d’Ocimum tenuiflorum est de 386 Mbp.  [58]

Ces informations sont confirmées, dans l’essai de 2016, intitulé “The Holy Basil (Ocimum sanctum L.) and its Genome” – avec photographies à l’appui. [61]

Upadhyay et al., en 2015, dans leur étude intitulée “Genome sequencing of herb Tulsi (Ocimum tenuiflorum) unravels key genes behind its strong medicinal properties” – avec photographies à l’appui – déclarent que le génome d’Ocimum tenuiflorum est de 374 mbp – pour 61% de couverture avec une estimation de 612 Mbp. [58]

Selon l’étude intitulée “The complete chloroplast genome of Ocimum tenuiflorum L. subtype Rama Tulsi and its phylogenetic analysis”, la longueur du génome circulaire complet du chloroplaste est de 151 722 pb. [60] Selon l’étude de Rastogi et al., la longueur du génome circulaire complet du chloroplaste d’Ocimum tenuiflorum est de 142 524 pb. A l’époque, selon Rastogi, Ocimum tenuiflorum constituait le plus petit génome (analysé) dans la Famille des Lamiacées.  Car le génome de Salvia miltiorrhiza est de 151 328 pb.

Nous retrouvons Klaudija Carović-Stanko et al., de l’université de Zagreb, dans leur étude, de 2010, intitulée “Genetic relations among basil taxa (Ocimum L.) based on molecular markers, nuclear DNA content, and chromosome number” [62]. Cette équipe de chercheurs Croates a utilisé un écotype d’Ocimum tenuiflorum provenant d’Allemagne (MAP01628) et a évalué la taille du génome d’Ocimum tenuiflorum à 386 Mbp.

Contrairement à son étude subséquente, ayant recours, par erreur, à quatre écotypes de Tulsi tempérée, il semblerait que, cette fois-ci, il s’agisse d’un écotype authentique d’Ocimum tenuiflorum car les résultats, obtenus par Klaudija Carović-Stanko, correspondent à d’autres études. On peut supposer que cet écotype d’Ocimum tenuiflorum provienne de la très antique (et très extensive) banque de semences de Gatersleben… qui est beaucoup plus proche de l’Inde que le Maryland, aux USA, ne l’est.

Quant au nombre de chromosomes basiques d’Ocimum tenuiflorum, il a identifié comme 2 N = 16, 32 ou 36 en Asie et comme 2N = 72, par Paton, aux USA, en 1996. La question se pose de savoir si Paton, à cette époque, était au fait du marasme botanique prévalent et s’il a, réellement, analysé un écotype d’Ocimum tenuiflorum – et non pas un écotype de Tulsi tempérée.

Et pour ne pas en finir avec les erreurs concernant Ocimum tenuiflorum. Je viens de découvrir une étude Ethiopienne, très récente – publiée en 2022 dans la revue Bulletin of the Chemical Society of Ethiopia – qui a analysé deux populations appartenant, prétendument, à Ocimum tenuiflorum, originaires de Bishoftu (1920 mètres d’altitude) et de Debre Berhan (2840 mètres d’altitude). Les échantillons ont été achetés sur le marché local. L’écotype de Bishoftu contient un taux de 31,38% d’E-α-bisabolène tandis que l’écotype de Debre Berhan contient un taux de 24,50% d’E-α-bisabolène et 0,55 % d’(E)-γ-bisabolène. [108]

Avec un tel chémotype Bisabolène, il s’agit, manifestement, de deux écotypes non pas d’Ocimum tenuiflorum mais bien de Besobila croissant sur les hauts-plateaux Ethiopiens. Les autres éléments prédominants, dans l’huile essentielle de ces deux écotypes de Tulsi tempérée, sont le méthylcyclohexane, l’eucalyptol et l’estragol.

Une Tulsi au pollen de couleur rouge brique. Photographie par Xochi.

Au sujet des écotypes de Tulsi tempérée, au pollen rouge, répertoriés comme Ocimum americanum en Amérique du nord et en Asie

Ainsi donc, aujourd’hui, si l’on se targue de précision botanique, ou scientifique, il faut prendre, impérativement, conscience du fait que la Tulsi tempérée a été le sujet des études Occidentales, portant sur Ocimum tenuiflorum – pour les raisons précises exposées ci-dessus – alors même que les botanistes Occidentaux (Alan Paton, James Simon, etc) l’avaient assimilée à un Ocimum americanum.

Et je réitère que cette détermination spécifique, Ocimum americanum, par ces botanistes, concerne tout autant la Tulsi tempérée commercialisée en Amérique du nord, et en Europe, que la Tulsi tempérée, Besibola, d’Ethiopie.

Par conséquent, il semble logique de suspecter que le même type d’erreur ait pu se produire en Asie – à savoir que certaines études ont eu pour sujet la Tulsi tempérée… en lieu d’écotypes d’Ocimum americanum sp. americanum ou sp. pilosum

Il faut imaginer que si, depuis des milliers d’années, Ocimum kilimandsharicum (originaire du Kilimandjaro) est naturalisé en Inde, que si des écotypes d’Ocimum americanum sp. americanum ou sp. pilosum (originaires d’Afrique) le sont tout autant… il en est de même avec la Tulsi tempérée originaire d’Ethiopie.

Ainsi, je serai enclin à être tout aussi vigilant eu égard aux études, provenant de l’Amérique, concernant certains écotypes supposés être des Ocimum americanum – par exemple, lorsqu’ils se caractérisent par un fort taux de Bisabolène. 

Pourquoi? Parce que, parallèlement, je suis en train de terminer ma prochaine monographie médicinale sur Ocimum americanum et que j’ai, expressément vérifié: le Bisabolène n’est que rarement mentionné comme composant de l’huile essentielle des écotypes d’Ocimum americanum sp. pilosum ou Ocimum americanum sp. americanum en Afrique – et même en Asie du sud-est.

Par exemple. Une étude de l’université de Purdue, réalisée en 2003 – par James Simon et Roberto Vieira – a analysé trois écotypes d’Ocimum americanum. [68] Le troisième (Ocimum americanum sp. pilosum) était de chémotype “Bisabolène” et contenait de 30 à 40% de β-bisabolène – avec, également, un fort taux d’eucalyptol. Mais il est stupéfiant de constater que cet écotype est le PI 414204, de la banque de semences de l’USDA. C’est donc un écotype de Tulsi tempérée.

C’est, donc, le même PI 414204, analysé, dans l’étude en Georgie, en 2015 et 2016… sauf que 13 années plus tard, ce n’est plus un Ocimum americanum sp. pilosum mais un Ocimum tenuiflorum. Que faut-il faire?

Et de même en ce qui concerne l’Inde ou du Népal. En effet, tout comme Ocimum kilimandsharicum est bien adapté, de par ses origines, à des zones Himalayennes assez hautes, ou des régions montagneuses du sud de l’Inde, il en est de même de la Tulsi tempérée d’Ethiopie qui est bien résistante, même, à des températures en-dessous de 0°C.

Ainsi, j’ai découvert des photographies de cet écotype, provenant de Katmandou, au Népal, présentées par un botaniste requérant sa détermination spécifique. Chez cet écotype au Népal, le style est, parfois, extrêmement long. [25]  [26] J’en ai découvertes, de nouveau, sur un autre site botanique. [76] 

Je suis, donc, en cours de vérifier auprès de ces botanistes Népalais si la Tulsi Ethiopienne, au pollen rouge, est également dispersée dans des régions lointaines du Népal – et pas seulement dans la région de Katmandou, à Bhaktapur et à Gyaneswor., vers 1350/1500 mètres d’altitude. Pourquoi? Parce je suis allé au Népal, plusieurs fois, vers 2010 – et, également, au Bhoutan, une fois, invité par le ministère de l’agriculture à y donner un cours sur la production bios de semences potagères…  

J’ai distribué des tonnes de semences bios, de l’Association Kokopelli, alors que nous étions en cours de monter une antenne au Népal, “Kokopelli Himalayas” – avec l’aide de Stéphane Fayon, le directeur de la banque de semences d’Auroville, dans le Tamil Nadu, que nous avions créée en 2000. Ces semences ont été distribuées dans la grande région de Katmandou, dans la grande région du lac de Pokara et dans le Mustang, dans la vallée de la Kaligandaki. L’antenne “Kokopelli Himalayas” n’a pas existé très longtemps car notre charmant partenaire local ne versait pas dans les mêmes notions d’éthique et de transparence que les nôtres!

Parmi ces milliers de sachets de semences de Kokopelli distribués, gratuitement, à des paysans Népalais, se trouvait, bien sur, la Tulsi tempérée, au pollen rouge, que nous distribuons commercialement, en France, depuis 1994. Ainsi, donc, en Asie, l’Association Kokopelli a distribué des dizaines de milliers de sachets – dont la Tulsi tempérée au pollen rouge – au Népal, en Inde, au Sri Lanka, au Cambodge… et ce de façon très structurée car j’étais le sujet de ces voyages. 

De plus, ce sont de multiples ONGs qui distribuent les semences de Kokopelli – dans le cadre du programme “Semences sans Frontières” – depuis plus de 20 années au Népal et dans de nombreux autres pays pauvres d’Asie, d’Afrique et des Amériques latines.

En conclusion, la présence endémique de la Tulsi tempérée, au pollen rouge, dans les Himalayas est a vérifier, par des botanistes chevronnés… afin d’authentifier qu’il ne s’agisse pas d’une introduction très récente. Et si l’on en juge par l’étude suivante, au vu du nombre de chémotypes analysés, il devrait s’agir de plusieurs écotypes de Tulsi tempérée. 

En effet, une étude Indienne, de 2013, a analysé 10 écotypes, sauvages, d’Ocimum americanum croissant dans le nord-ouest des Himalayas – et en ont identifié 6 groupes de chémotypes. [69] Quatre écotypes appartenaient au groupe “Bisabolène/Eugénol” – avec, respectivement, de 19,7% à 33,6% de bisabolène et de 27,6% à 38,2% d’eugénol. Un écotype appartenait au groupe “Estragol/Bisabolène” – avec, respectivement, 28,9% d’estragol et 21,8% de bisabolène. 

Avec 5 écotypes d’Ocimum americanum, sur 10 écotypes analysés, possédant un chémotype Bisabolène, il a fort à parier qu’il s’agit de la Tulsi tempérée sous une forme ou sous une autre. Il est à noter, d’ailleurs, qu’un de ces écotypes provient de la plaine tandis que les quatre autres croissent à des élévations entre 1620 mètres et 1950 mètres.

Une autre étude Indienne, de 2014, a analysé un écotype d’Ocimum americanum croissant dans le nord-ouest des Himalayas – à savoir à Ranikhet, dans l’état d’Uttarakhand, à 1900 mètres d’altitude. Selon l’analyse de son huile essentielle,  il s’agit d’un chémotype à près de 50% de Bisabolène – à savoir 29,06% de β-bisabolène et 17,49% d’(E)-γ-bisabolène. [70]

Ne s’agirait-il pas, plutôt, de la Tulsi tempérée sous une forme ou sous une autre?

Une troisième étude Indienne, publiée en mai 2022, a analysé des plantes sauvages d’Ocimum americanum croissant, dans le nord-ouest des Himalayas, dans l’état d’Uttarakhand – savoir à Ranikhet, à 1900 mètres d’altitude et à Champawat à 1850 mètres d’altitude. Pour ces deux écotypes, le taux de β-bisabolène était de 14,46% à 29,74% tandis que celui (E)-αbisabolène était de 11,42% à 22,17%. [72]

Ne s’agirait-il pas, plutôt, de la Tulsi tempérée sous une forme ou sous une autre?

De plus, en Ethiopie, une étude, de 2010, a analysé la composition de l’huile essentielle d’un écotype de “Besobila” identifié comme un Ocimum americanum. Son composant majeur était l’eucalyptol à 21,82% et venaient ensuite le β-bisabolène à 15,93% et le trans-α-bisabolène à 13,74% – ce qui en fait un chémotype à prédominance de “Bisabolène”.  [50]

Il s’agit, manifestement, d’une forme de Tulsi tempérée – puisqu’ainsi nommée. 

Qui plus est. Dans une étude, de 2018, intitulée “Product authenticity versus globalisation – The Tulsi case”, on peut découvrir, lors d’une classification des Ocimum en clades génétiques, qu’un écotype dénommé “Vana 8258” est, parfois, présenté comme un Ocimum americanum et parfois comme un Ocimum gratissimum et parfois comme un Ocimum tenuiflorum. [84]

C’est sans évoquer l’échelle présentée, dans cette étude, pour une série de photographies de fleurs floues… qui est totalement fausse.

Mais, ce qui est, encore, plus surprenant, c’est qu’il ait été inclu dans le grand clade rassemblant  Ocimum basilicum, Ocimum americanum et Ocimum kilimandscharicum – loin des Ocimum gratissimum. 

Les chercheurs, de cette étude, précisent, en effet, que deux écotypes, commerciaux, d’Ocimum gratissimum, “Vana”, sont arrivés de Milan et que l’un d’entre eux leur a donné quelques soucis au niveau de l’identification. On retrouve, d’ailleurs, l’un de ces Ocimum “Vana” (Milanais) dans une autre étude, de 2010, intitulée “A comparative study of different DNA barcoding markers for the identification of some members of Lamiaceae”. [85]

Et ce qui est, encore, plus surprenant, c’est que les photographies, proposées pour cet écotype (Milanais) présentent, très vraisemblablement, un écotype de Tulsi tempérée Ethiopienne, au pollen blanc. 

Si j’étais producteur de Tulsi, dans la région de Milan, j’opterais pour une forme de la Tulsi tempérée (au pollen rouge ou blanc) parce que la production est beaucoup plus considérable – surtout eu égard au très tropical Ocimum gratissimum. C’est ce dont s’est rendu compte, cette année, un ami distributeur de plantes médicinales, dans le nord de l’Espagne, qui a commandé, par erreur, la Tulsi tempérée de Kokopelli, au pollen rouge, en lieu d’Ocimum tenuiflorum, et qui était tellement heureux de cette erreur – sur le plan de la production de bio-masse de Tulsi. 

Une Tulsi tempérée aux parfums épicés, boisés, myrrhés… sur mode Bisabolènes 

Richo évoque, sur son site, que l’écotype de Tulsi tempérée, au pollen rouge – commercialisé par Strictly Medicinal Seeds – est de chémotype “Eugénol”. 

Je présume que cette détermination a pour source l’étude, sus-citée, de Noelle Fuller en Georgie… qui cherchait le taux d’eugénol dans une collection de Tulsis, envoyées par Richo, et d’Ocimum tenuiflorum (prétendument) de l’USDA. Cependant, il n’est que de consulter le tableau du taux d’eugénol, pour tous les écotypes, pour découvrir que  nous ne savons rien de leurs chémotypes majeurs. L’eugénol n’est présent qu’à hauteur de 7% à 17% dans les écotypes “Kapoor”, PI 414201, PI 414202, PI 414203, PI 414204, PI 414205, PI 652056 et PI 652059 – du moins pour la saison de culture 2015.

En effet, Noelle Fuller exprime sa très grande stupéfaction de constater que, lors de la saison de culture 2016, le taux d’eugénol est monté pour atteindre 30% à 39%. Ce qui est, réellement, très surprenant, car, par exemple, l’écotype PI 414203 titrait, en eugénol, à 7% en 2015 et à 39% en 2016. Il est très rare qu’il y ait une telle différence dans la composition en huile essentielle d’un même écotype cultivé dans le même site.

Cela étant dit, une étude, de 2014, a mis en exergue la variabilité dans l’huile essentielle de l’écotype sus-cité, PI 652056, en ce qui concerne son taux d’eugénol, et de ses deux autres composants majeurs, en fonction de la date de récolte et de croissance. Les évolutions sont en effet drastiques: pour l’eugénol, de 25,3% à 51,5%; pour le β-caryophyllène d’1,2% à 25,4%; pour le trans-β-guaiène de 9,4% à 19,2%. Serait-ce une Tulsi tempérée, au pollen rouge, de chémotype Eugénol? [54]

Selon l’analyse de Noelle Fuller, ce n’est pas le cas, du moins, pour 2015, car son taux d’eugénol est de 14% à 27%, en fonction des deux années de culture

Quant aux trois écotypes de Tulsi tempérée présentés dans une étude récente Ethiopienne, de mars 2021 – et décrits dans une prochaine section – possédant un très fort taux de bisabolène, leur taux d’eugénol est, respectivement, de 13,96%; 12,08% et 7,4%.

Il serait fort intéressant que Richo puisse réaliser l’analyse précise, et complète, de tous les composants, de son huile essentielle, car, à ce jour, les analyses, concernant les diverses formes de cette Tulsi tempérée, lui ont, toutes, attribué un chémotype “Bisabolène” – à hauteur de 33%. 

Et, même, encore plus, si l’on prend en considération le fait que cette Tulsi tempérée, au pollen rouge brique, ne fasse qu’une, spécifiquement parlant, avec les trois écotypes Ethiopiens, au pollen blanc, présentés dans une section subséquente. En effet, ces trois écotypes Ethiopiens titrent, respectivement, à 45,79%, 43,92% et 27,22% de Bisabolène.

Par exemple. Selon une étude Serbe, de 2015, [11], un écotype de cette “Tulsi” tempérée, sous le nom de “Blue Spice”, se caractérisait par un chémotype “β-bisabolène” à hauteur de 23,8%  – avec, également, 7% de trans-α-bisabolène.

En sus du β-bisabolène et du trans-α-bisabolène, les composants prédominants, de son huile essentielle, étaient: eugénol (16,2%), eucalyptol (14,3%), estragol (11,8%) et α-trans-bergamotène (3,2%).

Par exemple. Selon l’étude de James Simon, aux USA, en 1999, portant sur une quarantaine d’accessions d’Ocimum, l’écotype “Spice” – qu’il attribuait, alors, à Ocimum americanum sp. pilosum – contenait 33% de bisabolène en sus de 32% d’eucalyptol et de 16% d’estragol… sans eugénol. James Simon précisait que «Un groupe de basilics ornementaux ont été sélectionnés et nommés en fonction de leur arôme caractéristique, notamment “Anis” (estragol), “Cannelle” (cinnamate de méthyl), “Réglisse” (estragol) et “Spice” (β-bisabolène). »

Cet écotype se caractérisait, de plus, par une faible teneur en huile essentielle, à hauteur de 0,22%, la plus basse de l’étude – alors que les teneurs les plus élevées caractérisaient Ocimum kilimandsharicum (avec 5,22%) et “African Blue” (Ocimum kilimandsharicum X Ocimum basilicum) avec 2,34%. [39]

Par exemple. Une étude de l’université de Purdue, réalisée en 2003 – par James Simon et Roberto Vieira – a analysé trois écotypes d’Ocimum americanum. [68] Le troisième écotype, PI 414204, de la banque de semences de l’USDA, était de chémotype “Bisabolène” et contenait de 30 à 40% de β-bisabolène. A l’époque, Simon l’attribua, également, à Ocimum americanum sp. pilosum.

Le  β-bisabolène – un sesquiterpène – pourrait-il, peut-être, nous conduire sur la piste de l’identification de cet écotype “Blue Spice”/“Spice”/“Basilic sacré/Tulsi Tempérée”? 

Bissabol, Bissa Bol et Bisabolènes

Dans l’industrie des breuvages, le Bisabolène se caractérise par un parfum fruité, balsamique, citronné, myrrhé, épicé, boisé, vert, banane. C’est le β-bisabolène qui est approuvé, en Europe, comme complément alimentaire. 

Il existe trois isomères de Bisabolène: α-, β-, et γ-bisabolène. 

De plus, il a été identifié, entre 1985 et 2020, 356 composés sesquiterpénoïdes de type bisabolène dans 24 familles botaniques dont les Lamiacées, les Astéracées et les Zingibéracées.

Etymologiquement, la classe des Bisabolènes, tire son nom du Bisabol. Le Bisabol, ou Bissabol, ou Bissa Bol (un terme Hindi, repris en Arabe) est une résine réputée qui est produite par un arbre Africain à Myrrhe, Commiphora guidotti – croissant en Ethiopie et en Somalie. Le Bisabol est, également, dénommé “Myrrhe parfumée, “Myrrhe douce” et “Opoponax”, ainsi que, localement, en Somali, “Xabak xadi” – qui se prononce “habak hadi”. 

Un écotype de Commiphora guidotti, provenant d’Ethiopie, contient, par exemple, 22,2% de cis-α-bisabolène, comme second composant. [1] 

Cette résine fut décrite, en 1852, par le chirurgien Vaughan – dans son article intitulé “Notes upon the drugs observed at Aden, Arabia” – qu’il dénomma “Bissa Bol”. Selon son rapport, cette résine était exportée vers la Chine et l’Inde afin d’être mélangée à la nourriture du bétail afin d’en augmenter, et d’améliorer, la production laitière. 

Dans les contrées Arabes, l’autre myrrhe est la résine de l’espèce Commiphora myrrha, appelée localement “Hirabol” ou “Heera Bol” – et “Bola” en Hindi. 

En sus de Commiphora guidotti, d’autres espèces du même genre – Commiphora erythrea [2], Commiphora kua [3], Commiphora africana – contiennent de nombreux éléments de la classe des Bisabolènes en tant que composés majeurs.  

Un écotype de Commiphora africana contient, par exemple, 61,6% d’α-oxobisabolène, 10% d’γ-bisabolène, 4% d’α-bisabolol et 3,4% de β-bisabolène – à savoir quasiment 80% d’éléments de type Bisabolène. 

Cependant, du point de vue l’Industrie – qui s’avère toujours un point de vue néfaste et biocidaire – le monde végétal ne produit pas assez de Bisabolène. C’est ainsi, par exemple, qu’une étude, en février 2021, intitulée “High-efficiency production of bisabolene from waste cooking oil by metabolically engineered Yarrowia lipolytica”, a présenté la production chimérique de Bisabolène à partir de levures transgéniques de l’espèce Yarrowia lipolytica. [66] 

Les gènes d’α-bisabolène, de β-bisabolène et d’ γ-bisabolène proviennent, respectivement, du Sapin de Vancouver (Abies grandis), du Gingembre (Zingiber officinale ) et du Tournesol (Helianthus annuus). 

Abondance de Bisabolènes dans les Basilics Sacrés Ethiopiens:

La Tulsi tempérée, au pollen rouge, serait-elle d’origine Ethiopienne?

En Ethiopie, les basilics traditionnels, très réputés sur le plan alimentaire et médicinal, sont dénommés “Besobela”, “Besobila”, “Besobla” et “Basobila”.

Toutes ces dénominations traditionnelles sont en Amharique – un langage Ethiopien qui est tout autant Sémitique, du point de vue de ses origines linguistiques, que l’Hébreu, l’Arabe, etc. Besobila s’écrit በሶብላ.

Il est très vraisemblable que ces dénominations soient inspirées de leur parfum induit, en partie, par un fort taux de bisabolène – à savoir, un parfum très intense tel que celui de la “Myrrhe douce”… 

Il est très intéressant de souligner que l’écotype “Besobela” – proposé commercialement sur la Toile – est présenté comme un “Basilic Sacré Ethiopien”.

Le “Besobela”, outre ses immenses propriétés médicinales, constitue l’un des éléments fondamentaux de sauces Berbères. De plus, toutes les parties du “Besobela” –  les feuilles, les fleurs, les fruits et les tiges tendres – sont séchées, et réduites en poudre, afin d’être utilisées comme condiments dans la préparation d’un beurre de cuisine épicé – en sus d’autres espèces condimentaires. Ce mélange spécial est réputé accroître la conservation de ce beurre épicé… jusqu’à une quinzaine d’années – sans altération de saveur.

Cependant, il semblerait que ce “Basilic Sacré Ethiopien” participe des mêmes approximations, et faussetés, que le Basilic Sacré à pollen rouge.  En effet, ses négociants en semences, en ligne, ne présentent pas du tout les mêmes photographies. 

Vecteur de pollinisation dans une fleur de Tulsi tempérée. Photographie par Xochi.

De nombreux vendeurs – tel qu’Experimental Farm Network [4] – présentent un écotype que je qualifie d’identique à celui que je cultive, cette année, dans mon jardin – à savoir l’écotype Ethiopien PI 197442. Cet écotype se caractérise par 61,57% de linalol, 19,4% de géraniol et 8% d’eucalyptol. Il ressemble fortement à la variété de Basilic dénommée “Siam Queen” car c’est un écotype d’Ocimum basilicum sp. thyrsiflorum – à savoir Thaïlandais.

D’ailleurs, nos collègues semenciers, de Southern Seed Exchange, aux USA, listent un écotype de la proche Érythrée, avec des caractéristiques rappelant l’écotype Ethiopien PI 197442, comme étant, malheureusement, un Ocimum gratissimum… ce que la forme de ses feuilles invalide de suite. [5]

Un autre vendeur, sur la Toile – Grow Artisan – présente la photographie [6] d’un écotype dont le feuillage ressemble fort à celui de la Tulsi tempérée au pollen rouge brique – à fort taux de bisabolène – sauf qu’il semble, selon la photographie floue, que le pollen soit de couleur blanche. De par cette couleur, cela signifie que cet écotype, commercialisé sous le nom de “Basilic Sacré Ethiopien/Besobela”, est l’une des formes de Tulsi tempérée originaires d’Ethiopie – et qui provient, récemment, d’Ethiopie.

Lorsqu’on accordera, à ces Tulsis tempérées, un statut d’espèce, il faudra la caractériser par deux couleurs de pollen. Ce qui semble plausible dans la mesure où selon certains botanistes, Ocimum kilimandscharicum se caractériserait, parfois, par un pollen de couleur grise au lieu de la couleur rouge brique – qui est celle de la majorité des écotypes de cette espèce. 

Une étude Ethiopienne très récente, de mars 2021, intitulée “Chemotypic Characterization of Ocimum basilicum L. Essential Oils for Ethiopian Genotypes” [40], a analysé l’huile essentielle de 6 écotypes Ethiopiens d’Ocimum: trois qui sont, clairement, des écotypes d’Ocimum basilicum sp. thyrsiflorum et trois écotypes dont les photographies sont identiques à celles proposées par le semencier Grow Artisan.

La première conclusion d’importance est que ces trois derniers écotypes possèdent un très fort taux de Bisabolène: ils contiennent, respectivement, jusqu’à 45,79%, 43,92% et 27,22% de bisabolène – sous forme de β-Bisabolène et de (Z)-α-Bisabolène.

La seconde conclusion d’importance est que ces chercheurs se fourvoient, totalement, quant à l’attribution spécifique, à ces trois écotypes, d’Ocimum basilicum… car ce seraient des Ocimum americanum – strictement… du moins, si l’on en croit la nouvelle classification botanique Ethiopienne, datant de près d’un quart de siècle, et dont la source d’authentification est Alan Paton au jardin botanique de Kew.

En effet, dans sa thèse, de 1999, intitulée “Chemical Investigations of Three Ocimum Species of Ethiopia”, [43] Abebe Getachew présenta les huiles essentielles de trois espèces d’Ocimum croissant en Ethiopie. Il s’agissait d’Ocimum basilicum sp. thyrsiflorum, d’Ocimum americanum (sp. americanum et sp. pilosum) et d’Ocimum lamiifolium. 

Traditionnellement, en Ethiopie, Ocimum basilicum sp. thyrsiflorum est dénommé, “Ajuban” ou “Ashkuti”.

Ce qui m’a interpellé, dès le premier paragraphe – eu égard à ma quête de l’origine de la Tulsi tempérée au pollen rouge – c’est le nom traditionnel donné par Abebe Getachew à l’une des trois espèces, à savoir “Besobla”, qu’il attribua à l’espèce Ocimum americanum dans ses deux formes sp. americanum et sp. pilosum.

Quant à Ocimum lamiifolium, il est dénommé “Dama-Kesse”.

Qui plus est, en 1999, Abebe Getachew précisa que la nomenclature venait de changer car, auparavant, les deux formes de “Besobla” étaient attribuées, par erreur, à l’espèce Ocimum basilicum. En effet, ces deux “Besobla” furent, strictement, identifiées comme des écotypes d’Ocimum americanum sp. americanum et d’Ocimum americanum sp. pilosum – à la fois par Alan Paton, au Jardin Botanique de Kew, au Royaume-Uni, et par le National Herbarium du Danemark. 

Manifestement, cette nouvelle classification botanique n’est pas passée dans les moeurs car, par exemple, le revue Spice India, de juillet 2016, dans l’un de ses articles “In Search of Spices and Herbs in Ethiopia” [44], évoque le “Besibola” comme un Ocimum basilicum. 

En fait, cette erreur botanique remonte à loin car on la retrouve dans l’ouvrage réputé de Paulos Cornelis Maria Jansen (1981), “Spices, condiments and medicinal plants in Ethiopia, their taxonomy and agricultural significance” – qui est épuisé. [49] A la page 87, l’illustration botanique d’un basilic Ethiopien le détermine, spécifiquement, comme un Ocimum basilicum alors que les illustrations et les descriptions caractérisent, effectivement, un Ocimum americanum

A la page 87, l’illustration botanique d’un basilic Ethiopien le détermine, spécifiquement, et strictement, comme un Ocimum americanum

Il s’agit d’une illustration caractérisant les basilics de ce que Jansen appelle le groupe des “Basobila” – une autre dénomination pour les “Besobla” ou “Besibola”. Jansen évoque le fait qu’il a découvert que certaines de ces plantes, la seconde année, repartaient en végétation et en floraison.

En effet, les illustrations, de cet ouvrage de Jansen, mettent, clairement, en évidence  des caractéristiques morphologiques d’Ocimum americanum: la base du style gynobasique, la forme du calice, l’amplitude du calice ainsi que la forme en coeur des anthères – alors que les anthères d’Ocimum basilicum sont réniformes. 

A la page 109 de l’essai “Reproductive Ecology of Ocimum americanum and Ocimum basilicum. Lamiaceae) in India” (1989), [52] l’auteur, Jacob Solomon Raju Aluri, de l’université d’Andhra, présente des illustrations botaniques d’Ocimum basilicum et d’Ocimum americanum qui confirment l’erreur botanique de Jansen.

“Reproductive Ecology of Ocimum americanum and Ocimum basilicum. Lamiaceae) in India”.

Des illustration botaniques d’Ocimum americanum sont, également, disponibles dans quelques études – dont l’étude Brésilienne, de 2008, intitulée “Biologia fl oral e mecanismos reprodutivos de Ocimum canum”. [45]

Quant aux descriptions de Jansen, elles mettent, clairement, de nouveau, en évidence des caractéristiques morphologiques d’Ocimum americanum. Ainsi, en fonction des écotypes: le style gynobasique fait entre 6 mm et 8,5 mm de longueur; les étamines sont légèrement poilues à la base; les étamines font entre 4 mm et 7 mm de longueur; la corolle fait entre 5,5 mm et 7 mm. de longueur; les pédicelles font entre 2 mm et 3,5 mm de longueur; etc.

A ce point de l’exposé, il faut, de nouveau, souligner qu’un quart de siècle en arrière, la Tulsi tempérée a été attribuée à Ocimum americanum… pour faute de mieux. En effet, les descriptions de Jansen, que je viens de présenter, sont relativement correctes – du moins, quant à la morphologie de la fleur de la Tulsi tempérée.

En effet, je pense que nous pouvons affirmer que la morphologie de la fleur de la Tulsi tempérée est, relativement, identique à celle de la fleur d’Ocimum basilicum et à celle de la fleur d’Ocimum americanum (sous ses deux sous-espèces) – tout autant qu’à celle de la fleur d’Ocimum kilimandsharicum. Tout n’est que question de taille, d’amplitude – ou bien, question de la base du style ou de la forme des anthères.

Et ces dernières caractéristiques (style et anthères) ne sont pas aisées a établir – même avec un bon appareil photo macro… car il faut disséquer afin d’arriver à la base du style. Ou bien vivre dans une région sans vent.

Pour l’instant, je décrirais, pour la Tulsi tempérée, une anthère beaucoup moins réniforme que celle d’Ocimum basilicum – et surtout de moindre échancrure à la jonction avec le filet de l’étamine. 

C’est ainsi que du point de la morphologie de la fleur, je serais enclin à proposer de positionner la Tulsi tempérée dans le même section Ocimum du sous-genre Ocimum du genre Ocimum – selon la classification d’Alan Paton – en très bonne compagnie, donc, d’Ocimum basilicum, d’Ocimum americanum et d’Ocimum kilimandsharicum.

Par contre, les descriptions de Jansen ne sont pas correctes quant à la description de la Tulsi tempérée, que nous connaissons, en Occident. Elle ne fait pas 75 cm de hauteur – mais, plutôt, 35/40 cm. Ses inflorescences ne font pas 30 cm de longueur – mais, plutôt, 15 cm.  

Manifestement, si Jansen décrit, très précisément, l’une des formes de Besobila Ethiopiens, ce n’est pas celle que nous connaissons avec un port très compact. Par contre, les photographies proposées par deux sociétés commercialisant des épices, en Ethiopie – évoquées un peu plus avant – présentent des plantes beaucoup plus grandes – et avec un plus grand espacement, entre les glomérules verticillés de fleurs mauves, tel que le décrit Jansen.

Ce qui m’a beaucoup surpris, dans la description de Jansen, c’est son affirmation selon laquelle la couleur des anthères est blanche ou orange (rouge brique) – à savoir que la couleur du pollen est blanche ou orange (rouge brique).  Que devons-nous en déduire? 

La Tulsi tempérée, au pollen rouge brique, serait-elle d’origine Ethiopienne?

La Tulsi tempérée, au pollen rouge, serait-elle l’une des formes de Besobela? En effet, selon la dissertation d’Abebe Getachew, la dénomination “Besobla” s’applique à deux formes botaniques en Ethiopie. 

Par contre, dans la thèse sus-citée d’Abebe Getachew, il n’est aucunement question de bisabolène dans les trois écotypes de “Besobila” – qui sont spécifiés comme Ocimum americanum – car il ne donne que les deux premiers éléments composant les chémotypes déterminés. Nonobstant, Abebe Getachew n’a pas réalisé, en 1998, une analyse complète des huiles essentielles (parfois, à hauteur, seulement, de 60%) et, qui plus est, certains composés sont libellés comme étant inconnus. Et c’est sans évoquer le fait qu’il pourrait exister, en Ethiopie, des écotypes Ocimum americanum sp. americanum et d’Ocimum americanum sp. pilosum qui n’aient rien à voir avec les “Besobila” traditionnels…

Se pourrait-il que ces deux formes de Besobela se caractérisent, chacune, par une couleur de pollen différente: blanche ou rouge brique?

Dans ce cas, les trois écotypes présentés dans l’étude Ethiopienne sus-citée, de mars 2021, seraient une forme de Tulsi tempérée au pollen blanc et avec un très fort taux de basabolène: 45,79%, 43,92% et 27,22% de bisabolène – sous forme de β-Bisabolène et de (Z)-α-Bisabolène.

Se pourrait-il qu’Alan Paton, en 1999, ait considéré tout autant la Tulsi tempérée au pollen rouge brique, (introduite comme “Basilic Sacré”, aux USA, dans les années 80), que les deux écotypes de “Besobla” expédiés d’Ethiopie, en fin de siècle, comme des Ocimum americanum – en mesure d’urgence? 

En effet, rappelons que selon l’étude Taïwanaise, de 2013, les écotypes “Spice” et “Blue Spice” – à savoir la Tulsi tempéré –  constituaient leur propre groupe à part, génétiquement parlant. 

Puis-je proposer, en conclusion provisoire, afin de répondre à toutes ces questions, un premier indice d’importance? La société Ethiopienne, Damascene Essential Oil, commercialise 10 tonnes, pour l’année 2021/2022, de Besobila séché – par 100 g, 250 g, 1 kg et 5 kgs. [47] Ce Besobila séché, et en poudre, est annoncé comme un Ocimum basilicum mais les photographies proposées sont très claires qui présentent, sans nul doute, un écotype de Tulsi tempérée aux fleurs de couleur mauve et blanche et au pollen de couleur rouge brique.

En second indice d’importance. La société Ethiopienne, Brundo Ethiopian Spice Company, propose sur son Fakebook, des photographies du Besobila/Bessobela (au pollen rouge) qu’elle commercialise. [67] Il s’agit, strictement, de la Tulsi tempérée. 

Il semblerait que la piste du Bisabolène nous ait conduit vers la source géographique possible de la Tulsi tempérée – à savoir l’Ethiopie!

D’ailleurs, n’est-il pas logique qu’un tel basilic au port compact, et avec une bonne résistance au froid, viennent des régions Africaines d’altitude? Et une partie de l’Ethiopie se situe à environ 2300/2500 mètres d’altitude… avec un climat tempéré et parfois des gelées matinales. 

La Tulsi tempérée, au pollen rouge, est originaire des hauts-plateaux Ethiopiens: c’est une Tulsi d’altitude! Tulsi Tulana Nasti Ataeva Tulasi.

Il reste à prouver, maintenant, si ces écotypes de Basilic Sacré Ethiopien, ou Tulsi tempérée, sont réellement des Ocimum americanum… ou s’il s’agit d’une autre espèce qui n’a pas encore, acquis ce rang – du moins officiellement. 

Aujourd’hui, encore, en Ethiopie, certains botanistes ne s’embarrassent pas et considèrent le “Besobela” comme un Ocimum sp, à savoir non reconnu en tant qu’espèce déterminée – tant sur le plan de l’observation que sur le plan existentiel.

C’est le cas d’une étude ethnobotanique Ethiopienne, de 2014, portant sur la région de West Shoa, qui considère que la dénomination “Basobila” concerne peut-être trois espèces: deux sauvages, ou à moitié sauvages, et une domestiquée… qui serait Ocimum basilicum. [48]

Vecteur de pollinisation dans une fleur de Tulsi tempérée. Photographie par Xochi.

Bisabolènes dans les autres espèces d’Ocimum… ou erreurs d’identification?

Il existe trois études Ethiopiennes qui affirment avoir découvert d’autres écotypes Ethiopiens d’Ocimum, possédant un taux élevé de Bisabolène dans leur huile essentielle. Nonobstant, au fil de l’écriture de cet essai, et au fil de la découverte de très nombreuses erreurs botaniques, dans des études publiées dans des revues scientifiques, j’émets quelques réserves de prudence quant à l’identification réelle de ces écotypes. 

Il est vrai que ces erreurs botaniques n’invalident pas les conclusions de ces études… mais elles en invalident le sujet.

Ainsi, une étude, de 2017, a mis en exergue un taux de 29,52% de β-bisabolène suivi de 14,57% de caryophyllène, 14,29% d’élémicine et 11,45% de germacrène D., dans un écotype local d’Ocimum lamiifolium[46]

Je n’ai pas trouvé d’autre mentions de bisabolène, dans l’huile essentielle d’autres écotypes d’Ocimum lamiifolium – mais il faut concéder que les études sont peu nombreuses concernant cette espèce.

Ainsi, une étude, de 2016, a mis en exergue un taux de 10% d’α-bisabolène suivi de 22% d’α-pinène, 21% d’eugénol, 11% d’α-cubébène, etc, dans un écotype Ethiopien  d’Ocimum urticifolium – à savoir Ocimum suave et, maintenant, Ocimum gratissimum sp. gratissimum. [99]

Ainsi, une étude, de 2003, a mis en exergue un taux de 19,02% de β-bisabolène suivi de 14,05% de β-caryophyllène, dans l’huile essentielle des fleurs d’un écotype Ethiopien d’Ocimum urticifolium – à savoir Ocimum suave et, maintenant, Ocimum gratissimum sp. gratissimum. [41]

Selon ces études, les écotypes d’Ocimum gratissimum sp. gratissimum analysés croissent naturellement sur les hauts plateaux de l’Ethiopie – à savoir, à 2200/2300 mètres d’altitude. N’y aurait-il pas un problème d’identification, au moins pour ces deux derniers écotypes analysés, car, normalement, en Afrique, Ocimum gratissimum sp. gratissimum prospère entre 400 et 1600 mètres d’altitude?

Il faut repréciser que la température peut être froide sur ces plateaux Ethiopiens. Si la Tulsi tempérée résiste à quelques degrés en-dessous de 0°C, il n’en est sans doute pas de même pour Ocimum gratissimum sp. gratissimum qui est une espèce beaucoup plus tropicale.

J’émets les mêmes réserves de prudence eu égard à un chémotype “eugénol/bisabolène”, d’Ocimum kilimandscharicum, qui a été identifié en Inde, à Lucknow, avec 32% d’eugénol, 15,4% de β-bisabolène et 10,9% d’(E)-α-bisabolène – en sus de 10,2% d’estragol et 8,2% d’eucalyptol.[15]

De plus, des éléments du groupe des Bisabolènes ont été identifiés, à plus petit taux, dans un certain nombre de variétés d’Ocimum basilicum ou d’écotypes d’autres espèces d’Ocimum. 

Ainsi, en 2020, le CIMAP enregistra une nouvelle variété d’Ocimum basilicum, dénommée “CIM Sukhda” – développée pour l’agriculture de l’Inde du sud – avec un contenu en huile de 0,53% et une productivité de 105 kg par hectare. Son chémotype est “linalol”, à près de 80%, avec environ 4% de bisabolène, et autant de citral, comme composés majeurs. 

Cette variété fut obtenue à partir de la découverte, en 2013, d’un hybride naturel dans une culture d’Ocimum basilicum, d’Ocimum americanum sp. americanum et Ocimum americanum sp. pilosum. [27]

Selon la littérature pharmacologique, le bisabolène a, également, été identifié dans un chémotype “limonène” d’Ocimum basilicum du Cameroun (N-bisabolène à 0,3%); dans un écotype très “citronné”, à 85%, de “Nouvelle-Guinée” (cis-α-bisabolène à 3,8%); dans un écotype d’Ocimum x. citriodorum – à hauteur de 11% [13]; dans la variété “Lime” (à hauteur de 8,9%) et dans la variété “Lemon” (à hauteur de 10%).

Il a été identifié – en très petit taux d’environ 1% – dans certaines variétés  commerciales d’Ocimum basilicum tels que Dark Opal, Purple Ruffles, Green Ruffles, Mammoth, Cannelle, Thai.

En conclusion, à ce point de mes investigations, j’ai découvert six études identifiant le bisabolène, dans les huiles essentielles de l’espèce Ocimum gratissimum, qui semblent dignes de confiance quant à leur identification botanique. 

Au Cameroun, à Bali, en 2012, un écotype d’Ocimum gratissimum sp. gratissimum a été analysé avec 21,6% de β-bisabolène – 33% d’eugénol et 18% d’élémicine. [100]

Au Cameroun, à Battak en 2022, un écotype d’Ocimum gratissimum sp. gratissimum a été analysé avec 19,10% de β-bisabolène. [110]

Au Cameroun, en 2016, un écotype d’Ocimum gratissimum sp. gratissimum a été analysé avec un chémotype Eugénol/Bisabolène. [111]

Au Brésil, un écotype d’Ocimum gratissimum (feuilles) a été analysé, en 2012, avec 73% d’eugénol et 18,3% de β-bisabolène. Cet écotype a été le sujet de deux analyses portant sur l’anesthésie des poissons Rhamdia quelen.  [101]  [109]

Au Brésil, un écotype d’Ocimum gratissimum (feuilles) a été analysé, en 2005, avec 57,82% d’eugénol et 17,19% de (Z)-α- bisabolène. Cet écotype a été le sujet d’une analyse portant sur son activité fongicide à l’encontre de Cryptococcus neoformans. [113]

En Inde, dans l’Uttarakhand, un écotype d’Ocimum gratissimum sp. gratissimum a été analysé avec 29,52% de β-bisabolène – en sus de 11,33% d’estragol  et 9,75% d’eucalyptol. [114]

Et, également, à très petits taux de Bisabolène, dans divers écotypes d’Ocimum gratissimum. Au Bénin avec 0,73% de β-bisabolène. [115] En Inde,  dans l’Andra Pradesh, avec 0,10% de β-bisabolène . [116] Au Kenya avec 0,74% de β-bisabolène. [112]

Propriétés Médicinales de la Tulsi Tempérée et du Bisabolène

Il faut souligner que, selon l’étude Serbe sus-citée, la Tulsi tempérée, sous le nom de “Blue Spice”, possède la plus grande capacité anti-oxydante (IC50 = 0.03 µg/mL) des 12 variétés analysées. Son taux en huile essentielle, par contre, est le plus bas avec, seulement, 0,65% – alors que la variété Purple Opal en contenait 1,90%. Diverses analyses ont évoqué le peu de productivité en huile essentielle de cette Tulsi. 

Selon cette étude, l’activité anti-oxydante de cette forme de Tulsi tempérée, sous le nom de “Blue Spice”, est principalement due à son taux élevé en β-bisabolène, en eugénol et en trans-α-bisabolène.

Selon une étude Ethiopienne, mentionnée ci-dessus, [50] l’activité anti-oxydante de la Tulsi tempérée est très forte… et c’est ce qui explique sa capacité de conserver le beurre épicé pendant une quinzaine d’années. 

Il faut, nonobstant, préciser que la Tulsi tempérée n’est pas la seule plante médicinale/aromatique. Certaines ethnies Ethiopiennes ont recours à une douzaine d’espèces pour le beurre épicé et à une quinzaine d’espèces pour le ghee – à savoir le beurre clarifié… qui se conserve à jamais. 

Par exemple, dans les districts de West Showa, en Ethiopie, voici quelques espèces entrant dans la composition de ces beurres: la Nigelle (Nigella sativa), le Curcuma (Curcuma domestica), la Cannelle (Cinnamomum verum), le Coriandre (Coriandrum sativum) le Fenugrec (Trigonella foenum), l’Ail (Allium sativum), le Gingembre (Zingiber officinale), la Cardamome Africaine (Aframomum angustifolium), l’Ammi (Trachyspermum ammi), le Poivre noir (Piper nigrum)…

Selon une étude Indienne, très technique, mentionnée ci-dessus, [72] l’activité anti-oxydante et anti-inflammatoire de la Tulsi tempérée est très forte. 

Cette étude fait également mention à l’étude de Mohsen Kazemi qui, en 2014, a mis en exergue la forte activité anti-oxydante du β-bisabolène. [73]

Une étude, de juin 2020, a déterminé le taux en caroténoïdes des fleurs de trois Basilics: 51,59µg/g pour l’écotype “Blue Spice”; 68,33µg/g pour la variété “Cannelle”; 81,86µg/g pour la variété “Thai Lemon” – en poids frais. [7] Elle a déterminé, de plus, leur taux d’anthocyanines: 0,16 mg ME/g pour l’écotype “Blue Spice”; 0,06 mg ME/g pour la variété “Cannelle”; 0,03 mg ME/g pour la variété “Thai Lemon” – en poids frais.

Même les chenilles savent que le pollen rouge, de la Tulsi tempérée, est un tonique aphrodisiaque!

Une étude Serbe, de juillet 2014, a déterminé la composition en minéraux de 13 écotypes de Basilics. Selon cette étude, l’écotype “Spice” (de chémotype “Bisabolène”) possédait la seconde place pour le fer avec 1507 mg/kg – le plus élevé à 3576 mg/kg (“Grec”) et le plus bas à 202 mg/kg. [41] C’est la variété “à Feuilles de Laitue” qui était au troisième rang avec 1126 mg/kg.

Cet écotype “Spice” fixait très peu le plomb mais, par contre, fixait très aisément le chrome, le cadmium, le nickel. Il est préférable de cultiver cette Tulsi en jardinage biologique car c’est une espèce nécro-accumulatrice – comme toutes les Tulsis. Elle accumule les poisons de l’industrie agricole (et autre), dans tous ses tissus, sauf, prétendument, dans les composés de son huile essentielle – selon ce qu’en dise les industriels de la parfumerie… ce qui est bien pratique, surtout pour eux-mêmes. 

Le bisabolène, possède, pharmacologiquement parlant, une activité anti-bactérienne, anti-inflammatoire, anti-paludique et cytotoxique. Par exemple, il est réputé cytotoxique à l’encontre du cancer du sein. [17]

Selon les conclusions de cette étude, de 2015: «En résumé, nous avons identifié un agent anticancéreux de l’huile essentielle d’opoponax qui présente une cytotoxicité spécifique aux cellules tumorales mammaires humaines et murines in vitro et in vivo, ce qui justifie une étude plus approfondie de l’utilisation du β-bisabolène dans le traitement des cancers du sein.»

Ainsi, en 2022, une étude à validé le potentiel anti-cancérigène du Xanthorrhizol, un sesquiterpénoïde de type Bisabolène isolé du Curcuma de Java, Curcuma xanthorrhiza, à l’encontre des cancers: du sein, du col de l’utérus, du côlon, du foie, du poumon, de la bouche et de l’œsophage et de la peau. Qui plus est, cette étude a décliné ses autres activités pharmacologiques: anti-oxydantes, anti-inflammatoires, anti-microbiennes et anti-diabétiques, en plus d’un effet protecteur sur plusieurs organes. [32]

Une étude, de 2015, avait déjà décliné, précisément, les activités anti-microbiennes anti-oxydantes, anti-inflammatoires, estrogéniques, anti-estrogéniques, anti-hyperglicémiques, anti-hypertensives, hépato-protectrices, néphro-protectrices de ce Bisabolène. [36]

Ainsi, en 2015, de nouveaux sesquiterpénoïdes, de type Bisabolène, ont été isolés des racines du Ylang-Ylang grimpant, Artabotrys hexapetalus. Leur activité cytotoxiques a été validée à l’encontre de divers types de cancer: du colon, du foie, des ovaires, des poumons, de l’estomac. [28]

Ainsi, en 2015, une étude a mis en exergue l’activité cyto-toxique du γ-bisabolène à l’encontre du carcinome spinocellulaire. [34]

Ainsi, en 2012, une étude a mis en valeur l’activité anti-convulsante des  sesquiterpénoïdes, de type Bisabolène, isolés d’une espèce de Curcuma, Curcuma longa. [31] Leur activité anti-épileptique a été confirmée par une étude systémique de 2021 intitulée “Mechanism of Curcuma longa and Its Neuroactive Components for the Management of Epileptic Seizures: A Systematic Review” [33]

L’Immortelle (Helichrysum italicum) est réputée, entre autres bienfaits, pour son activité anti-convulsante. Certains de ses écotypes peuvent contenir 20% de β-bisabolène dans leur huile essentielle.

L’activité anti-bactérienne du Bisabolène a été validée à l’encontre de Staphylococcus aureus [18].

L’activité anti-bactérienne de Blue Spice a été validée à l’encontre de: Bacillus cereus, Listeria monocytogenes, Micrococcus flavus, Pseudomonas aeruginosa, Salmonella typhimurium, Escherichia coli, Enterococcus faecalis. [11]

Selon cette étude Serbe, Blue Spice constituait le Basilic le plus actif, des douze analysés, à l’encontre des bactéries suivantes: Bacillus cereus, Micrococcus flavus, Pseudomonas aeruginosa et Salmonella typhimurium.

L’activité fongicide de Blue Spice a été validée à l’encontre de: Aspergillus fumigatus, Aspergillus niger, Aspergillus versicolor, Aspergillus ochraceus, Penicillium funiculosum, Penicillium ochrochloron et Trichoderma viride. [11]

Résistance de la Tulsi Tempérée au Mildiou du Basilic, Peronospora belbahrii

Une étude, de 2014, intitulée “Morphological Characteristics and Susceptibility of Basil Species and Cultivars to Peronospora belbahrii”, a mis en exergue  que les écotypes dénommés “Spice”, “Blue Spice” – et, même, “Blue Spice F1” qui, actuellement n’est plus proposé commercialement et qui était un fake hybride F1 –  sont très peu susceptibles au mildiou du Basilic qui provoque, depuis un certain nombre d’années, des catastrophes chez les maraichers dans le monde entier – et ce, d’autant plus, de par l’extrême fragilité de tout le système agricole fondé sur la chimie. [19]

Lors de cette étude, il n’y eut, strictement, aucune sporulation du mildiou chez ces trois écotypes “Spice”.

Lors de cette étude, les chercheurs étaient en quête d’une corrélation entre la susceptibilité au mildiou du basilic et le nombre de stomates par millimètre carré. Ainsi les écotypes, non susceptibles, “Spice”, “Blue Spice”, et “Blue Spice F1”, se caractérisent, respectivement, par 117, 107 et 101 stomates par millimètre carré – à savoir trois fois moins que les types avec le maximum de stomates.

De plus, il semble établi que les stomates en forme ovale – qui caractérise “Spice”, “Blue Spice”, “Blue Spice F1” et les écotypes citronnés – sont beaucoup moins susceptibles, ou pas du tout, à Peronospora belbahrii… en comparaison des types aux stomates arrondis.

L’étude Israélienne déjà mentionnée, de 2015, intitulée “Resistance against Basil Downy Mildew in Ocimum species” [29] a, également, mis en exergue le peu de susceptibilité des écotypes “Spice”, “Blue Spice” et “Blue Spice F1” à Peronospora belbahrii.

Selon cette étude, qui porte sur 113 accessions d’Ocimum, les scores, de résistance, des écotypes “Spice” et “Blue Spice”, sont, respectivement,  0,15 et 0,30  – sur l’échelle de 0 à 4. Il est à noter, également, que, selon cette étude,  les écotypes “Spice” et “Blue Spice” ne sont pas déterminés spécifiquement mais “Ocimum sp.”

En fait, la résistance des écotypes “Spice” et “Blue Spice” a été identifiée dans plusieurs études [37] et ce dès 2010 – par exemple, par McGrath et al. dans l’étude intitulée “Susceptibility of Basil Cultivars and Breeding Lines to Downy Mildew”. [22] La photographie, présentée en page 1417, de la revue HortScience, de septembre 2010, met clairement en évidence la couleur rouge brique de leur pollen.

Lors de cette étude, les écotypes citronnés – “Sweet Dani”, “Lemon”, “Lime” et “Mrs Burn” – ainsi que les variétés d’Ocimum basilicum “Red Rubin” et “Sweet Aden”, ont été évalués comme peu susceptibles.

Ainsi, de par sa résistance totale au mildiou du Basilic, l’écotype “Spice”, selon une étude de 2018, a été utilisé pour créer des hybrides avec Ocimum basilicum dont certains étaient résistants… mais stériles. [23]

Les chercheurs de cette étude ont également croisé l’écotype “Kivumbasi Lime”, et un écotype d’Ocimum kilimandsharicum, avec Ocimum basilicum… sans plus de succès car les hybrides inter-spécifiques étaient stériles.

Il a, également, été utilisé, en 2014, en tant qu’espèce Ocimum americanum, dans une expérimentation – avec Ocimum basilicum et Ocimum x. citriodorum – dont l’objectif était de discerner si la susceptibilité au mildiou commence à se manifester dès l’émergence des cotylédons. [51]

“Tulsi Tulana Nasti Ataeva Tulasi”.

Tulsi est Incomparable… dans le sens qu’elle ne puisse, à rien d’autre, être comparée. De par cet attribut, elle constitue une manifestation de la Mère Céleste en Terre.