Les Cosmos : des espèces extrêmement médicinales calomniées comme invasives

Les Cosmos font partie de la Famille des Astéracées. Il en existe une quarantaine d’espèces en Amérique tropicale – dont 28 sont endémiques du Mexique. Le concept botanique de Cosmos est fluctuant, nonobstant, car les caractéristiques génériques, définissant les genres Cosmos, Coreopsis et Bidens, sont en cours de redéfinition.

L’un des plus célèbres Cosmos Mexicains est le Cosmos “chocolat”, au parfum de chocolat, Cosmos atrosanguineus – dont il existe, présentement, de nombreuses variétés  horticoles stériles. Cette espèce était considéré éteinte, pendant longtemps, alors que de nombreuses populations croissent, en abondance, dans les états Mexicains de Guanajuato, Querétaro et San Luis Potosí, dans les montagnes, à 1800/2500 mètres d’altitude – ou même au Cameroun.

Les Cosmos sont tellement implantés, traditionnellement, en Asie – en tant que plantes alimentaires et médicinales – qu’il est bien évident qu’ils y ont été cultivés depuis des millénaires – comme une foultitude d’autres plantes alimentaires provenant des Amériques. Ils sont, également, généreusement implantés en Afrique.

Cosmos bipinnatus avec Artemisia annua

En fait, les Cosmos possèdent une telle inclination à l’implantation qu’ils ont, même, été déclarés “espèces invasives” à annihiler – par les organisations internationales terroristes accréditées, officiellement, pour proférer de telles injures et insanités. En vérité, toute espèce botanique déclarée invasive, et à extirper, doit être considérée, à priori, comme une plante médicinale suprêmement essentielle à la régénération sanitaire présente des Peuples de la planète. Et si les traditions humaines, afférentes à ses usages médicinaux, n’existent pas encore, dans la nomenclature normalisée, c’est, vraisemblablement, qu’elles n’ont pas encore été découvertes par les dits nomenclateurs.

L’appellation botanique, “Cosmos”, provient du terme Grec “kósmos”, signifiant “ordre, bon ordre” – d’où sont dérivés les concepts de monde, d’astres, de cosmos.

Dans les jardins, les Cosmos ont un fort penchant à ne point respecter l’ordre souhaité par le jardinier ou la jardinière. En effet, ils sont très vigoureux, de croissance volumineuse et très rapide. Leurs buissons atteignent, donc, aisément deux mètres de hauteur. Ils se ressèment, de plus, à foison… lorsque la gente ailée en épargne quelques akènes noirâtres.

Teintures-Mères de pétales de Cosmos bipinnatus, confectionnées dans le jardin de Xochi, avec de l’alcool bio de raisin à 95° coupé à moitié avec de l’eau de source.

En effet, si l’on en juge par l’appétit extrêmement vorace des oiseaux à l’égard de leurs semences, la présence abondante des Cosmos cherche sûrement à mettre en exergue, auprès de leurs hôtes humains, leur cornucopia nutritionnelle et médicinale. Les oiseaux se délectent, d’ailleurs, tout autant, des semences d’Agastaches – des plantes, également, extrêmement médicinales et dont certaines espèces ont, aussi, tendance à conter fleurette hors de leurs parcours désignés.

Cosmos sulphureus, Cosmos bipinnatus, Cosmos scabiosoides et Cosmos pringlei sont réputés posséder une activité allélopathique – à savoir qu’ils possèdent des capacités d’influer sur la croissance d’autres plantes, positivement ou négativement. A savoir, dans le cas de ces Cosmos, qu’ils sont enclins à privilégier un territoire plus ample que moins ample… D’aucuns les appelleraient des plantes “invasives”, ou bien des plantes “suprêmement médicinales”, ou bien des plantes “naturellement herbicides”.

Ainsi, en France, les experts patentés de l’INRA, rémunérés avec l’argent public, viennent juste de s’apercevoir [42] – après avoir tenté d’éradiquer les amaranthes sauvages pendant 40 années avec force herbicides cancérigènes et mutagènes – que si le sarrasin, la moutarde et le radis fourrager, par exemple, possèdent une activité allélopathique, déstabilisante, vis à vis de l’amaranthe sauvage, c’est peut-être à cause de leurs exsudats racinaires! Il faut, ainsi, parfois passer par un diplome d’agronomie pour prendre conscience des vérités les plus fondamentales pour le monde paysan depuis des lustres.

Les experts patentés commencent, donc, à découvrir que les cultures associées ont véritablement existé, dans les agricultures planétaires, depuis des milliers d’années, sinon depuis plusieurs dizaines de milliers d’années! C’est ainsi que le Tournesol est un herbicide naturel à l’encontre des adventices Chenopodium album, Rumex dentatus, Coronopus didymus, Phalaris minor, Medicago polymorpha, etc. C’est ainsi que de la poudre de feuilles sèches de Tagetes minuta, pulvérisée dans les champs de riz, permet de contrôler la croissance de l’adventice Echinochloa crus-galli, le panic pied-de-coq, et la croissance de Cyperus rotundus, l’Herbe à oignon. C’est ainsi que l’amaranthe, Amaranthus retroflexus, peut être aisément contrôlée par les espèces suivantes fortement allélopathiques: Crocus sativus, Ricinus communis, Nicotiana tabacum, Datura inoxia, Nerium oleander et Sorghum vulgare. Etc, etc, ad infinitum.

Rien n’est simple, bien évidemment, avec l’allélopathie car, dans certaines régions d’Afrique du sud, le Cosmos caudatus inhibe la germination des semences de cultures agricoles, à savoir de blé, de fénugrec et de niébé, [43] alors qu’au Brésil, les paysans se sont aperçus que le Cosmos sulphureus inhibe, dans leurs champs, la croissance d’adventices telles qu’Amaranthus viridis, Panicum maximum et Lactuca sativa. [44] Selon les chercheurs Brésiliens, ce sont trois sesquiterpènes lactones, la costunolide, la reynosine et la santamarine, qui se caractérisent, ainsi, par une forte capacité allélopathique.

Selon une autre étude du Mexique, de 2018, cherchant à mettre en exergue une lutte intégrée à l’encontre du dévastateur nématocide Nacobbus aberrans, dans les cultures de tomates, de piments et de haricots, le Cosmos sulphureus s’avère l’une des plantes étudiées les plus nématocides, à savoir: Tagetes lunulata, Asclepias linaria, Nicotiana glauca, Verbesina sphaerocephala, Senecio salignus, Lantana camara, Witheringia stramoniifolia. [45]

 

Cosmos bipinnatus

Le Cosmos bipinnatus a été utilisé pour traiter la splénomégalie, les fièvres, la jaunisse. De par la présence de l’hélianol, un alcool triterpénique, il possède, également, des propriétés anti-inflammatoires. En Afrique du sud, par exemple, il est utilisé pour éliminer les parasites de lits et de cheveux, chez les groupes Afrikaners, et traiter les maux de tête et les désordres gastriques, chez les Tribus Basothos.

Selon une étude de l’Université de Gorakhpur [11], le Cosmos bipinnatus, dans l’état de l’Uttar Pradesh, en Inde, constitue, même, la principale espèce médicinale et ornementale. Il fait partie, également, de la pharmacopée Tibétaine traditionnelle ainsi que l’a mis en valeur Jan Salick. [41]

Une étude, publiée en 2008, a étudié les propriétés antioxydantes et antimutagènes du Cosmos bipinnatus, en fonction de la couleur de ses pétales: blanc, rose, violet ou jaune. [10] Ce sont les fleurs à pétales violets qui l’étaient le plus.

Le Cosmos bipinnatus contient des flavonoïdes: tels que la chrysanthémine, l’antirrhinine (deux anthocyanines), l’apigénine, la lutéoline et la chrysoériole. [14] Il contient également de la butéine, de la quercétine, de l’acide gallique, de l’acide chlorogénique, de l’isoquercétine, de la cosmocyanine, de la coréopsine, de l’acide cafféique, de la cosmosiine, de la trifoline… [15]

Ses pétales possèdent, également, des amyrines qui sont des triterpènes [12] se caractérisant par des qualités antihyperglycémiques, anti-inflammatoires, antinociceptives, hépatoprotectrices et hypolipidémiques.

Une étude en laboratoire, de 2017, a validé ses qualités hépato-protectrices [2].

Une étude en Iran, de 2014, a analysé la composition de l’huile essentielle d’un écotype d’Afrique du sud. Il était composé, principalement, de monoterpènes et de sesquiterpènes tels que (E)-β-ocimène (50,23%), germacrène D (13,99%), sabinène (9,35%), α-cadinol (4,27%), α-farnésène (3,15%) et terpinène-4-ol (3,04%). Cette étude a mis en exergue la très forte capacité anti-bactérienne de cette espèce de Cosmos à l’encontre de: Escherichia coli, Proteus vulgaris, Enterobacter faecalis, Shigella sonnei, Shigella flexneri, Bacillus pumilis, Staphylococcus aureus et Acinetobacter calcaoceuticus. [3]

L’analyse de la composition de l’huile essentielle d’un autre écotype avait donné β-élémène(15-17%), β-caryophyllène (15-17%), germacrène D (10-21%) et bicyclogermacrène (12-15%). Cet écotype provenait de la région de Yaoundé au Cameroun et, d’ailleurs, l’analyse d’un écotype de Cosmos atrosanguineus, de la même région, a mis en valeur une composition prépondérante en (E)-β-ocimène (59-63%). [4]

Des chercheurs Brésiliens ont découvert que l’introduction de petites doses de Cosmos bipinnatus, dans l’alimentation des bovins, réduisait leur émissions méthaniennes – il en était de même avec Tagetes erecta, mais en plus fortes doses. [19]

Une étude d’Afrique du sud, de 2015, a analysé les qualités larvicides, pupicides et insecticides, à l’encontre du moustique Culex quinquefasciatus, de plusieurs espèces: Cosmos bipinnatus, Foeniculum vulgare, Artemisia absinthium, Artemisia afra, Mentha longifolia et Tagetes minuta. Toutes étaient larvicides et pupicides mais Cosmos bipinnatus et Artemisia absinthium n’étaient pas insecticides. [24] Tagetes minuta est , d’ailleurs, particulièrement larvicide et insecticide à l’encontre des moustiques Aedes aegypti et Anopheles stephensi ainsi qu’à l’encontre de Hyalomma rufipes (une tique) et Pediculus humanus capitis (le pou). [38]  [39]

 

Huilat de pétales de Cosmos bipinnatus, confectionné dans le jardin de Xochi, avec de l’huile d’olive bio.

Cosmos sulphureus

Le Cosmos sulphureus est l’une des plantes majeures au Mexique, depuis fort longtemps, de par ses qualités médicinales et tinctoriales. Il est appelé en Nahuatl, “Xochipalli”, un nom composé de “Xochitl”, signifiant fleur, et de “Tlapalli”, signifiant couleur. Il est mentionné dans l’ouvrage historique de Sahagun, “Historia General”, publié vers 1580. Selon ses informateurs, cette espèce est utilisée pour obtenir du rouge, de l’orange et du jaune en couleurs très rayonnantes – afin de peindre ou de teinter. Il est parfois, aussi, appelé “Xochipaltsin”.

Certains auteurs contemporains ont pu penser que cette espèce pouvait être Tagetes patula ou Tagetes multiseta. Cependant, vers 1576, le médecin de Philippe II, Francisco Hernandez, l’avait précisément décrite – «Xochipalli . . . folia ferens sinuosa, magna, et Artemisiae quadantenus simili» – en commentant qu’il possédait des feuilles similaires à l’Artemisia et qu’il ressemblait quelque peu au “Cempoalxochitl”, à savoir Tagetes erecta. De plus, les illustrations succinctes d’Hernandez [32] mettent, cependant, bien en valeur l’aspect très déhiscent des semences de Cosmos sulphureus.

Rémi Siméon, dans son ouvrage de 1885, “Dictionnaire de la Langue Nahuatl”, en a extrait la mention suivante «Xuchipalli, herbe dont la feuille ressemble à celle de l’Artémise et sert à teindre les étoffes en jaune rouge; couleur rouge, rose. R R; xochitl et palli».

C’est le botaniste US, William Edwin Safford, (1859-1926), auteur de l’article, “Cosmos sulphureus, the Xochipalli or flower paint of the Aztecs” [32], en 1918, qui participa à la validation de cette espèce en tant que Xochipalli lorsqu’il en fit faire des teintures végétales par un autre service du Ministère de l’Agriculture US. En fait, ce n’est qu’en 1886 que cette espèce fit officiellement son entrée dans l’Herbarium National des USA lorsqu’elle fut ramenée de Guadalajara par l’explorateur Edward Palmer. Elle fut introduite dans les jardins Occidentaux vers 1895. Il en existe, aujourd’hui, un certain nombre de variétés aux divers coloris jaune, oranges et rouges et aux diverses tailles.

En 1988, le chercheur Castello analysa et étudia les couleurs du Codex Colombino. En ce qui concerne les sources, au Mexique, de la couleur orange vif, seules deux espèces sont concernées, à savoir Bixia orellana (nommée “achiyotl”) et Cosmos sulphureus. L’auteur – pour de nouveau valider l’identité du Xochipalli –  a réalisé des teintures, à partir des recettes anciennes, en testant également Tagetes erecta et Tagetes tenuifolia – qui sont toutes deux des plantes réputées de teinture – et il en obtint diverses nuances de jaune ocre et jaune-orange vif.

Les fleurs de Cosmos sulphureus contiennent des pigments des groupes chalcones et aurones – des flavonoïdes dits mineurs. Ce sont la butéine, la coréopsine, l’isoquercitine, la lutéoline, la sulfurétine… Les aurones possèdent des qualités antioxydantes, anticancéreuses et antiparasitaires. Les chalcones possèdent des qualités antioxydantes, antibactériennes, antifongiques, anti-inflammatoires, etc. [7] Le Cosmos sulphureus contient, également, deux anthocyanines, la chrysanthémine et l’antirrhinine, ainsi que des acides cafféique, gallique, chlorogénique, protocatéchuique, syringique, férulique, etc.

C’est, par exemple, l’une des plantes principales d’Afrique centrale – selon l’étude, de 2013, intitulée “Les plantes tinctoriales d’Afrique Centrale” – et elle fait partie des quatre Astéracées, utilisées par les peuples de cette partie du continent, avec Tagetes erecta et Bidens pilosa (utilisées pour colorer en jaune ou en jaune-rougeâtre) et Eclipta alba (pour colorer en noir). [25]

Cette espèce est communément consommée en Thaïlande, en Indonésie et en d’autres pays d’Asie. Ce sont les fleurs et les jeunes pousses qui sont, alors, préférées.

Le Cosmos sulphureus est traditionnellement utilisé comme antibactérien. Au Brésil, il est utilisé à l’encontre de Plasmodium falciparum, le vecteur de la malaria. Il en est de même en Inde: en effet, une étude réalisée en 2016, en Uttar Pradesh, a mis en exergue l’utilisation de 51 espèces végétales pour traiter la Malaria, dont le Cosmos sulphureus. [6]

Une étude en laboratoire, de 2017, a validé ses qualités hépato-protectrices [2].

Une étude de 2013 a analysé la composition de l’huile essentielle d’un écotype Brésilien [13] qui contenait 45 % d’hydroxytoluène butylé (un anti-oxydant), 34% de germacrène et 10% de β-caryophyllène – afin d’étudier ses fortes capacités d’éradication des schistosomes.

Une étude de 2015 a analysé les propriétés anticancéreuses de l’huile essentielle de  quelques espèces médicinales très réputées – Cosmos sulphureus, Tagetes erecta, Foeniculum vulgare et Tetradenia riparia – et traditionnellement utilisées pour traiter les cancers du sein, du colon, du col de l’utérus, du foie, etc. [9]

L’ouvrage “Edible Medicinal and non-Medicinal Plants” présente, en pages 289/290, les diverses qualités médicinales de cette espèce telles qu’elles ont été investiguées et validées en laboratoires: antioxydantes [8], antidiabétiques, hypolipidémiques, anticancéreuses et antimalariales.

Une étude, de 2018, en Inde, a mis en valeur la forte capacité antioxydante de ses feuilles. [22]

Le Cosmos sulphureus est traditionnellement utilisé, également, pour chasser les moustiques. C’est, de plus, un bio-accumulateur: à savoir qu’il a été utilisé, par exemple, pour nettoyer des sols de leur contamination au cadmium – avec le Tournesol, Helianthus annuus, le Tagète, Tagetes patula et l’Herbe de Guinée, Megathyrsus maximus.

Lorsque que l’on veut teindre de la laine avec des fleurs de Cosmos sulphureus, les couleurs de la teinture vont varier en fonction des mordants utilisés: de jaune à orange clair avec de l’alun, d’orange clair à orange foncé avec le sulfate de cuivre et d’orange foncé à brun clair avec du sulfate de fer.  Dans une étude, de 2013, intitulée “Etude de la Phytotypie et de la Photo-Polymérisation Végétale”, Anne-Lou Buzot précise, à propos des teintures végétales sur papier, qu’il est plus aisé de fixer cette teinture de Cosmos sulphureus avec du sulfate de fer (versus du sulfate de potassium) afin de prévenir toute décoloration sous l’effet du rayonnement solaire. [26]

Les fleurs récoltées, au fil des jours ou des semaines, peuvent être séchées ou simplement congelées pour un futur usage. Cette teinture est très sensible au pH et plus il sera élevé, plus les couleurs obtenues seront dans les rouges. Le chlorure stannique, le chlorure stanneux et le sulfate d’aluminium sont, également, utilisés en mordants pour cette espèce florale. Les teintures peuvent être effectuées avec de l’eau ou avec de l’alcool.

Pour les amoureux (anglophones) des teintures végétales naturelles produites avec des mordants plus naturels, on ne peut que conseiller la lecture de l’étude, réalisée par Paula Sofia Fonseca Nabais, et intitulée “Spectroscopic characterization of natural dyes by their non-invasive identification on pre-Columbian codices: the Maya yellow”. [27] Paula Sofia a étudié les techniques traditionnelles Mayas de complexes de pigments obtenus en mélangeant diverses teintures avec des argiles – et plus particulièrement la kaoline et la palygorskite. [28]  [29]  [30]  [31] Les espèces végétales étudiées, pour l’obtention d’une coloration jaune, sont Cosmos sulphureus, Tagetes erecta, Maclura tinctoria, Bixa orellana, Cholophora tinctoria, Cassytha sp. et Cuscuta sp.

Voici une recette de teinture avec du Cosmos sulphureus. « Les capitules floraux d’environ deux douzaines de plantes sont suffisants pour teindre 0,5 kg de laine ou de soie. Ils doivent être récoltés lorsqu’ils s’ouvrent. On les trempe dans l’eau, et on fait bouillir le mélange jusqu’à ce que les capitules floraux deviennent pâles … Les fleurs doivent être tout d’abord bouillies pendant une heure environ avant d’ajouter la laine mordancée au bain de teinture refroidi et de le porter à nouveau à ébullition. Le mordançage préalable des fibres avec différents sels métalliques donne diverses nuances allant du jaune citron à l’orange foncé. Utilisée en complément après un premier bain de teinture de bois rouge (par exemple, de Baphia nitida), elle aide à donner une belle teinte écarlate à la laine, tandis que sur une laine teinte en bleu indigo elle produit des nuances brun verdâtre». [37] dans “Ressources Végétales de l’Afrique Tropicale. Colorants et Tanins”. Jansen et Cardon.

 

Cosmos caudatus

Dans les pays d’Asie du sud-est, les plantes dites “ulam” sont consommées crues et en condiments: elle constituent une partie importante du régime alimentaire car elles sont réputées êtres des herbes de longue vie. Ce sont des plantes médicinales qualifiées d’adaptogènes. Le Cosmos caudatus est l’une de ces plantes et il est, même, qualifié de royal, “Ulam Raja”, en Malaisie. [1]

En Malaisie et en Indochine, il est très présent dans l’alimentation: cuit avec du riz et du poisson grillé, cru en salade, ou bien en condiment avec des crevettes et du piment fort. Sur le plan nutritionnel, un écotype, analysé en Malaisie, contenait 3 g de protéine, 65 mg de Vitamine C, 3568 μg de β-carotène, 426 mg de potassium, 270 mg de calcium, 50 mg de magnésium, etc, pour 100 grammes de matière fraîche.

Une étude Chinoise, de 2002, a mis en valeur la très haute capacité anti-oxydante du Cosmos caudatus (et de Manilkara zapota de la Famille des Sapotacées) en comparaison avec d’autres fruits: 5 fois plus que la fraise, 8 fois plus que la prune, 7 fois plus que la goyave, 15 fois plus que l’orange et la mangue, etc…

Les Peuples Indigènes l’appellent “awet muda”, ce qui signifie “reste jeune” en raison de ses qualités régénératrices. Dans ces pays, et y compris à Java, il est utilisé, traditionnellement, pour traiter les maladies infectieuses et les fièvres, fortifier le flux circulatoire, lutter contre la sénescence, fortifier la moelle des os et comme carminatif. Il est, parfois, utilisé pour traiter les brûlures en raison de ses qualités anti-microbiennes. Il est utilisé traditionnellement, également, pour repousser les insectes nuisibles.

On le retrouve également en Inde, au Tamil Nadu ou encore dans le Jharkhand où il est utilisé médicinalement par les populations tribales. Au Bangladesh, ce Cosmos est également utilisé pour traiter la lèpre – en sus d’être l’une des fleurs principales dans les rituels religieux.

Aux Philippines, ses feuilles sont utilisées avec du riz en fermentation alcoolique afin de produire de la levure (bubod), ainsi que le rapporte l’anthropologiste Otley Bkyer, en début de siècle passé. Bkyer décrit, très précisément, le processus utilisé par certaines tribus de l’ile de Luzon, afin de confectionner un alcool de riz qu’il qualifie de “très intoxiquant” – sauf pour les prêtres qui le confectionnent selon une recette “secrète”. Selon Bkyer, c’est le Cosmos caudatus qui constitue le facteur clé de la production de levure, les autres plantes (inconnues) n’ayant qu’une valeur symbolique et religieuse. Un tel vin est, aujourd’hui, commercialement distribué sous le nom, par exemple, de “Tapuy”. Ce sont, également, les racines du Cosmos caudatus qui sont utilisées pour confectionner le “bubod” ainsi que celles de l’espèce Bidens pillosa, tout autant que ses sommités fleuries.

L’importance du Cosmos caudatus dans la confection de bières de riz très intoxicantes est, peut-être, à mettre en corrélation avec une information que je trouvai, il y a un quart de siècle, dans un ouvrage obscur d’ethnobotanique en Espagnol, sur l’utilisation du Cosmos sulphureus, par les Aztèques, en mélange avec d’autres plantes psychoactives, afin de confectionner un breuvage enthéogénique.

Une étude de 2016 [5] a décliné les diverses qualités médicinales de cette espèce telles qu’elles ont été investiguées et validées en laboratoires.

– Antioxydantes. Une étude de 2014, en Malaisie, a étudié les capacités antioxydantes de 10 espèces de plantes ulam. [16] Le Cosmos caudatus était en troisième place après Anacardium occidentale (les jeunes feuilles de l’Anacardier) et Centella asiatica. Une autre étude a mis en exergue qu’un extrait aqueux des feuilles de Cosmos caudatus offrait le plus de composés phénoliques tandis que les alcoolats possédaient le plus d’antioxydants. Une autre étude a mis en valeur que les jeunes feuilles possédaient plus de composés phénoliques et d’antioxydants que les feuilles plus âgées et matures. Une étude de 2018 a étudié son action à l’encontre du cancer du col de l’utérus. [36]

– Antimicrobiennes. Des extraits alcooliques de Cosmos caudatus stoppent la croissance de bactéries à Gram positif telles que Bacillus subtilis et Staphylococcus aureus ainsi que celle de bactéries à Gram négatif telles que Escherichia coli et Pseudomonas aeruginosa. Cette espèce possède également une efficacité à l’encontre de la bactérie, à Gram négatif, Chromobacterium violaceum ainsi que des capacité antifongiques à l’encontre de Cladosporium cucumerinum et de Candida albicans.

– Anti-inflammatoires, antyhypertensives, antidiabétiques, anti-osteoporosis, antihyperlipidémiques.

En fait, cette espèce, Cosmos caudatus, a été l’objet de très nombreuses études et recherches en Asie et il semble concevable que des extrapolations puissent en être appliquées aux autres espèces de Cosmos réputées – telle que Cosmos sulphureus et Cosmos bipinnatus – ou du moins, des suggestions d’investigations. Et ce d’autant plus que, ainsi qu’exprimé en début d’essai, les frontières génériques (et donc pharmaceutiques et médicinales) entre les genres Cosmos, Bidens et Coreopsis étant fluctuantes, il semble essentiel de ne pas oublier que le genre Bidens contient des espèces extrêmement importantes pour la survie des Peuples.

Bidens pilosa est mentionné dans l’ouvrage célèbre de Médecine Chinoise, le Ben Cao Gang Mu (1576), sous son nom “Guizhencao” – en compagnie de Bidens tripartita, “Lang ba cao”. Les Bidens sont des plantes réputées, de la Médecine Chinoise qui a recours, également, à Bidens biternata, “Jinzhan Yinpan”, Bidens bipinnata, “Nianshencao”, et Bidens parviflora,“Xiaohua Guizhencao”. Ces espèces ont été utilisées médicinalement, en Asie, depuis des temps très anciens. [40]

Bidens tripartita est utilisé en Médecine Chinoise pour les dysenteries chroniques, les entérites aiguës et chroniques. L’un des remèdes réputés, à l’encontre de ces pathologies, se nomme “Xian Feng Cao Pian”. Il est composé de: Bidens tripartita (25%), Fallopia japonica (20%), Viola yedoensis (15%), Isatis tinctoria (15%), Chrysanthemum morifolium (15%), Glycyrrhiza sp. (10%). Il est également utilisé pour les refroidissements, les nausées, les infections virales et bactériennes, les herpès, les hépatites, etc.

Bidens pilosa est un anti-microbien systémique, à savoir possédant un très grand spectre d’action avec des propriétés anti-bactériennes, antimalariales, hépatoprotectrices, diurétiques, antidiabétiques, anti-inflammatoires, hypoglycémiques, carminatives, astringentes, anti-dysentériques, neuro-protectrices, galactogogues, antiseptiques, immunomodulatrices, vulnéraires, etc.

Bidens pilosa est actif à l’encontre de Plasmodium falciparum, Staphylococcus aureus, Staphylococcus epidermidis, Mycobacterium tuberculosis, Entamoeba histolytica, Leishmania amazonensis, Serratia marcescens, Escherichia coli, Pseudomonas aeruginosa, Enterococcus faecalis, Bacillus subtilis, Bacillus cereus, Candida albicans, Klebsiella pneumoniae, Streptococcus faecalis, Shigella flexneri, Salmonella spp, Neisseria gonorrhea, Cytomegalovirus, Herpes simplex virus 1 et 2. Selon Buhner, Stephen Harrod. “Healing Lyme Disease Coinfections”.

Ainsi, une autre investigation, de 2017, encore plus exhaustive, [33] a décliné des dizaines d’études afférentes au Cosmos caudatus – non publiées à ce jour et émanant des universités publiques de Malaisie: sur ses capacités anti-cancéreuses; sur ses capacités de conservation des aliments processés; sur l’impact des fertilisants de synthèse; sur le traitement de rats ayant des lésions gastriques; sur ses capacités de bio-accumulation et donc de phyto-remédiation; ses capacités anti-diabétiques, etc.

L’étude de Faridah Ahamad, en 2009, a mis en exergue les capacités de conservation des aliments processés de Cosmos caudatus en synergie avec Polygonum minus et Murraya koenigii, le Caloupilé.

L’étude de Siti Aisha, en 2009, a prouvé, bien évidemment, que la culture du Cosmos caudatus selon des conditions respectueuses de la Biosphère, à savoir sans poisons, augmentait la quantité de vitamine C, d’antioxydants et d’éléments nutritionnels disponibles tout en diminuant les nitrates. D’ailleurs, il a été, traditionnellement, cultivé comme couverture de sol, comme engrais vert, dans toute l’Asie du sud-est.

L’étude de Nurul Izyatulikma et de Yusoff, en 2012, sur les capacités de bioaccumulation de certaines plantes, pour la décontamination des sols, a mis en exergue que le plomb était accumulé principalement par Cosmos caudatus, le cadmium par Oenanthe javanica, le chromium par Centella asiatica et le zinc par Emilia sonchifolia.

En Malaisie, le Cosmos caudatus est classé premier parmi les 5 ulams les plus réputés: Oenanthe javanica (l’Oenanthe), Murraya koenigii (le Caloupilé ou Feuilles de Curry), Centella asiatica (le Gotu Kola) et Parkia speciosa (le Petai) en semences. [21]

Ainsi, une étude de 2015 a analysé [17] l’impact de diverses méthodes de séchage sur son contenu en flavonoïdes – dont les principaux, dans le cas de leur écotype, étaient la quercitine et la rutine. La seule température adaptée était 40°C avec, durant le processus de séchage, une augmentation de 30% du contenu en flavonoïdes. Toutes les autres températures – au-delà et jusqu’à 100°C – généraient une réduction des flavonoïdes, à savoir jusqu’à n’en laisser que 12% par rapport au témoin. Cependant, à 60°C, leur proportion était encore de 73%. Les auteurs notèrent également que le contenu en flavonoïdes augmentait, lors d’un processus d’ébullition dans de l’eau, de façon conséquente – à savoir parfois du double. Par contre, une ébullition dans de l’alcool à 70% en décroissait le contenu.

En effet, certains flavonoïdes sont beaucoup plus résistants, que d’autres, à de très hautes températures. La rutine peut bouillir, ainsi, pendant trois heures à 100°C. Quant à l’apigénine et à la lutéoline, seule la seconde reste stable durant l’ébullition. Une autre étude mis en valeur que la plus haute capacité antioxydante se manifestait avec une ébullition à 85°C pendant 30 mn. [23]

Ainsi, une autre étude, de 2017, a analysé [18] la capacité antioxydante ainsi que le contenu en flavonoïdes de 11 légumes traditionnels d’Indonésie, dont le Cosmos caudatus – en sus de Sauropus androgynus (le Katuk), Ocimum canum (la Tulsi), Portulaca oleracea (le Pourpier), Centella asiatica (le Gotu Kola), Polyscias pinnata, Pluchea indica, Polyscias scutellaria (le Mangkokan), Pilea melastomoides (de la Famille des Urticacées), Etlingera elatior (la Rose de Porcelaine), Talinum triangulare (une forme de pourpier de la Famille botanique nouvellement créée des Talinacées), etc. Tous ces “légumes/condiments” possèdent, par ailleurs, des vertus médicinales bien connues des populations. Les flavonoïdes analysés furent: la quercétine, la myricétine, le kaempférol, la lutéoline et l’apigénine. Selon les résultats obtenus, c’est le Katuk qui remporte la palme des flavonoïdes avec 143 mg/100 g (le minimum étant 1,3 mg/100 g et, en secondes positions, le Cosmos caudatus et Polyscias pinnata avec 52 mg/100 g). C’est le Cosmos caudatus qui remporte celle du contenu en composés phénoliques avec 1,52 mg EAG/100 g. Ce sont, ensuite, le Cosmos caudatus et le Pluchea indica qui présentent la plus forte capacité antioxydante. Dans toutes ces plantes alimentaires analysées, ce sont le kaempférol et la quercétine qui représentent 60% des flavonoïdes.

Ainsi, dans une autre étude, de 2010, ce sont 21 espèces tropicales (Vitex negundo, Centella asiatica, Sesbania grandiflora, Lawsonia inerma…) qui ont été analysées quant à leur proportion en flavonoïdes et en composés phénoliques. C’est une nouvelle fois le Cosmos caudatus qui tenait la palme en compagnie de l’espèce Piper betle, le Bétel .[20]

Ainsi, dans une autre étude, de 2012, pourtant sur 24 espèces utilisées en tant que légumes-condiments en Indonésie [34], le Cosmos caudatus était l’une des plantes avec le plus de vitamine C, en compagnie de la Tulsi, Ocimum canum.

Ainsi dans une autre étude, de 2010, portant sur 9 plantes alimentaires de Malaisie – Cosmos caudatus Curcuma domestica, Kaempferia galanga, Piper betle, Piper sarmentosum, Polygonum minus, Centella asiatica, Hydrocotyle bonariensis et Barringtonia racemosa – c’est le Cosmos caudatus qui possédait le plus de composés phénoliques (flavonoïdes, acides phénoliques, etc).

Les flavonoïdes que l’on trouve dans le Cosmos caudatus sont les suivants: la quercétine et ses glycosides, la proantocyanidine, la guaijaverine, la catéchine, la rutine, la myricétine, la lutéoline, l’épicatéchine, la naringénine, l’apigénine et le kaempférol.

Les acides phénoliques que l’on trouve dans le Cosmos caudatus sont les suivants: l’acide chlorogénique, l’acide néo-chlorogénique, l’acide crypto-chlorogénique, l’acide cafféique, l’acide férulique.

Les acides aminés que l’on trouve dans le Cosmos caudatus sont les suivants: l’alanine, la valine, la lysine, la tyrosine, la thréonine, la sérine, la glutamine, la leucine, la phénylalanine, l’isoleucine, la proline, la glycine et la méthionine.

En ce qui concerne la composition en Huiles Essentielles de Cosmos caudatus, peu d’analyses sont disponibles. L’étude de Vairappan, de 2011, a mis en valeur: γ-cadinène (33,29%), caryophyllène (9,73%), α-farnésène (6,06%) et (E)-ocimène (5,64%). [35] Cependant, ce n’est qu’un écotype Malaisien qui a été évalué et Vairappan précise, lui-même, que les résultats, obtenus au cours de la même étude, pour trois autres espèces réputées – Artemisia argyi, Polygonum hydropiper, Centella asiatica – sont à prendre relativement car tout est fonction des écotypes. Les composant majeurs étaient, pour Artemisia argyi: γ-cadinène (12,51%), caryophyllène (10,13%), δ-élémène (7,41%), phytol (6,85%) and β-élémène (5,52%) alors qu’une autre étude Chinoise de 2004 avait obtenu, comme composant majeurs, Germacrène D, α-phéllandrène and α-mycrène. Il en est de même pour le Gotu Kola, Centella asiatica qui présente: γ-cadinène (26,44%), β-farnésène (15,19%), caryophyllène (10,02%), α-humulène (9,20%) et néophytadiène (5,15%) alors que d’autres études ont obtenu, comme composant majeurs, α-cubébène, α-caryophyllène, α-humulène et δ-muurolène ; ou bien, α-humulène, β-caryophyllène, bicyclogermacrène, germacrène B et myrcène; ou bien encore, humulène, β-caryophyllène, α-copaène, β-farnésène, β-élémène and alloaromadendrène.

Cette étude mis également en valeur une activité anti-microbienne de Cosmos caudatus à l’encontre de Salmonella typhimurium, Proteus mirabilis, Staphylococcus aureus, Vibrio cholerae et Listeria monocytogenes, en extraits alcooliques, et à l’encontre de  Salmonella typhimurium et Vibrio cholerae en huile essentielle. Le Cosmos caudatus possède, en particulier, une très forte activité anti-microbienne à l’encontre de Salmonella typhimurium.

 

Autres espèces de Cosmos médicinaux.

Chez les Tarahumaras, au Mexique, (Page 237 de l’ouvrage “Tarahumara Medicine” de Fructuoso Irigoyen-Rascon), c’est l’espèce Cosmos pringlei qui est également réputée médicinalement. Elle y est appelée de très nombreux noms: “Ripura”, “Wasa Répuri”, “hierba chilosa”… C’est l’un de leurs remèdes anti-diarrhéiques les plus efficaces, en racines, tout aussi bien acclamé par les Tarahumaras que par les Métis. Certains Tarahumaras affirment qu’il est tout aussi efficace de placer de la racine crue mâchée en cataplasme sur l’abdomen, plutôt que de l’ingérer. Des cataplasmes de racines de Cosmos pringlei pulvérisées sont placées sur les lésions provoquées par des vers. La plante est utilisée en application externe pour éliminer les poux des humains et des animaux. Le Cosmos parviflorum – “Kujubi” – est utilisé, par les Tarahumaras, pour les mêmes pathologies, à savoir les problèmes gastriques, les diarrhées, les maux de tête et les maux de poitrine.

Selon l’ouvrage de Louis Girault, “Kallawaya. Guérisseurs itinérants des Andes”, en page 482, le Cosmos diversifolius est utilisé médicinalement, dans les Andes, comme sudorifique et pour traiter les refroidissements et les bronchites – en fleurs et en feuilles. Les fleurs sont également utilisées, en grande quantité, pour des décoctions ajoutées aux bains ou ablutions des enfants rachitiques. Les racines en sont utilisées, en grande quantité et en décoction, pour traiter la pneumonie et la pleurésie.

Chez les Peuples Navajos et Ramah, une infusion froide de feuilles sèches de Cosmos parviflorum est utilisée en lotion durant les cérémonies de chants, selon l’ouvrage, “The Ethnobotany of the Ramah Navaho” ( Paul Vestal. 1952).

Xochi. Le 21 septembre 2019.